Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Zone 23 : une saison à la baisse pour le homard des maritimes

Publié le 26 juin 2026 à 15:57, modifié le 26 juin 2026 à 16:18

Par: Pierre-Marie Nicolas

Les pêcheurs de homard de la zone 23 brossent un portrait inquiétant de la saison. Les prises ont diminué de 20 à 30 % par rapport à l’année dernière.

Cette saison, les homardiers ont fait face à une mauvaise météo. Les températures froides de l’eau et les forts courants ont déplacé la ressource du sud vers le nord de la péninsule.

L’Union des pêcheurs des Maritimes demande à Pêches et Océans Canada quatre jours supplémentaires de pêche, jusqu’au 8 juillet non pas pour faire du profit, dit son président Réjean Comeau, mais pour permettre aux pêcheurs de couvrir leurs paiements.

Les coûts d’opération pèsent lourd. Carburant, appâts, main-d’œuvre : Réjean Comeau estime à environ 3 000 dollars ce que lui coûte chaque journée en mer. Certaines journées, les prises ne suffisent pas à couvrir la facture.

« Moi ça me coûte entre 1000 à 1200 $ pour les appâts. Ça va me coûter un autre 600 $ pour le fuel, t’as tes hommes. Ça me coûte à peu près 3000 $ par jour pour opérer. Aujourd’hui j’ai pris 250 lbs. Calcule-les à 8 pieces la livre. (…) 2000 pieces ça fait que j’ai un trou. », Réjean Comeau, président de l’UPM et pêcheur, Val-Comeau

À ça s’ajoute un écart de prix avec les provinces voisines. Le même homard, vendu au même acheteur, rapporte jusqu’à un dollar de moins la livre au Nouveau-Brunswick. Cette année, la moitié des pêcheurs de la zone termineraient la saison sans profit selon le président de l’union.

L’UPM réclame aussi une refonte du calendrier de pêche, jugé inadapté aux réalités climatiques actuelles. Cela fait plusieurs années que l’Union demande au ministère de décaler les périodes d’ouverture et de fermeture. Sans réponse à ce jour.

La pression financière est telle que certains pêcheurs envisagent de négocier avec leur banque pour reculer leurs paiements ou n’acquitter que les intérêts.

« Il y en a qui me dise « l’année passée ça a tout pris pour faire mes paiements et boucler ma boucle ». Et ils me disent que cette année je n’aurai pas le choix, je vais devoir faire reculer mes paiements ou juste payer les intérêts ou faire des arrangements avec la banque. C’est la première fois que je les vois vraiment paniqués. », Réjean Comeau

Les mauvaises saisons qui s’accumulent soulèvent maintenant une autre inquiétude : freiner la relève dans un secteur de plus en plus incertain.