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Des inquiétudes concernant l’urgence de La Pocatière

Publié le 30 mars 2026 à 17:12, modifié le 30 mars 2026 à 17:18

Par: Charles Boisvert

Le comité Mes soins restent ici s’inquiète de la fragilisation de l’urgence de l’Hôpital de La Pocatière, qui serait sous pression. L’achalandage ne cesse d’augmenter et le personnel peine à suivre. Des solutions sont réclamées.

L’urgence est saturée et les lits d’hospitalisation sont pleins. L’engorgement de l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima préoccupe de plus en plus.

« C’est plus difficile qu’avant d’avoir des services. Les services changent, les services évoluent, mais en même temps, on perd au change », explique le porte-parole citoyen du comité Mes soins restent ici, Jean-Yves Rioux.

Le comité citoyen Mes soins restent ici tire donc sur la sonnette d’alarme. « L’urgence est malade », peut-on lire dans le communiqué.

« Il y a des choix qui ont été pris dans les dernières années qui font en sorte qu’il y a des services périphériques à l’hôpital qui ont disparu. Ça, ça fragilise tous les services qui sont issus du milieu hospitalier », mentionne Jean-Yves Rioux.

Quelles sont les solutions?

Selon les porte-paroles, libérer l’urgence passe par une hausse des places en ressources intermédiaires (RI) et en centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Trop de patients occupent un lit, même si leur hospitalisation n’est plus nécessaire.

« On a beaucoup de gens âgés qu’on ne peut pas orienter dans les ressources pour personnes âgées, parce qu’ils ont besoin de trop de soins pour ce que ces ressources sont capables d’offrir. Mais là, comme on a nulle part où les envoyer, elles restent à l’hôpital beaucoup plus longtemps », indique la Dre Marie-Ève Fromentin, porte-parole des professionnels de la santé du comité.

« Quand ça bloque en cours de route, c’est tout le système qui est en danger », ajoute Jean-Yves Rioux.

La fermeture du troisième CHSLD de la région en 2013, le Centre Thérèse-Martin, est en partie responsable du problème actuel. De plus, neuf lits dans une ressource intermédiaire à Saint-Philippe-de-Néri n’ont pas été remplacés après la fermeture d’une résidence.

« Malheureusement, on récolte ce qu’on a semé », affirme la Dre Marie-Ève Fromentin.

Mêmes problèmes que Trois-Pistoles et Pohénégamook

Les défenseurs des soins au Kamouraska souhaitent éviter à tout prix de jouer dans le même film que les communautés de Trois-Pistoles et de Pohénégamook qui s’inquiètent pour leurs urgences, mais les similitudes sont bien présentes.

« On a les mêmes problèmes au niveau des ressources humaines, donc on a des ressources humaines qui sont limitées et on a des soins à offrir », explique la Dre Marie-Ève Fromentin. « Quand une situation se répète plusieurs fois, à la longue, ça peut devenir la réalité qu’on demande d’accepter ».

Le comité espère donc des actions concrètes de Santé Québec et du financement du gouvernement.

« Ce qu’on dit, c’est que la balle est dans votre camp », mentionne Jean-Yves Rioux.

Avec le vieillissement de la population kamouraskoise prévu dans les prochaines années, Mes soins restent ici craint que la situation s’aggrave si rien n’est fait.

Réponse du CISSS

Pour sa part, le CISSS du Bas-Saint-Laurent indique qu’il « ne manque pas de places sur civière à l’urgence […]. Ce midi, le taux d’occupation de nos civières était de 57%. Le nombre total de visites pour la période actuelle est comparable aux années précédentes, indiquant une activité globalement stable ».

Le porte-parole, Gilles Turmel, précise aussi que des lits de l’unité d’hospitalisation étaient libres dans les deux dernières semaines.

« Il est vrai par ailleurs qu’on y héberge en moyenne entre 2 et 6 personnes en niveau de soins alternatifs (NSA). Des places de transition sont disponibles à Saint-Antonin pour toute la clientèle du KRTB, en attendant que des places permanentes se libèrent dans le Kamouraska », explique-t-il.