Un futur incertain pour la pêche commerciale de l’éperlan en Gaspésie
Publié le 23 juin 2026 à 16:55, modifié le 23 juin 2026 à 16:55
Par: Maely Bouchard
En Gaspésie, le futur de la pêche commerciale à l’éperlan est incertain. Plusieurs craignent pour la ressource.
La pêche à l’éperlan n’aurait plus que quelques années devant elle. « Faut dire les vraies choses, y’a 20 ans passées, comme moi je suis habitué là : prendre un quota c’était de 15 à 20 minutes, on va dire une demi-heure et plus. C’était facile. Là, ça prend, comme l’hiver passé, ça prenait une heure pour faire un quota, des fois un peu plus », explique Eugène Perkison, un guide chez Pêche sportive Baies-des-Chaleurs.
Selon le maire d’Escuminac, il se peut que l’éperlan devienne une denrée très très rare, d’ici quelques décennies. D’un hiver à l’autre, les récoltes sont différentes. Mais une tendance s’impose depuis quelques années : l’éperlan ne mord plus à l’hameçon. « On s’en va vers une diminution significative des stocks des perlants. Une année pas de banquise, comme il y a quelques années, ça permet aux phoques d’entrer dans le fond de la baie, puis de faire de la prédation. Puis on a aussi le facteur du bar rayé qui est omniprésent », explique le maire.
Les prédateurs se font plus nombreux pour l’espèce. Et le réchauffement climatique n’aide pas non plus. Pour les pêcheurs commerciaux, la pratique n’est plus rentable. L’industrie est à bout de souffle. « Il n’y a plus de pêche commerciale. Les pêcheurs, il y a des gens qui ont investi des dizaines de milliers de dollars à acheter des filets, puis des permis, puis essayer de s’équiper pour avoir une pêche qui est digne de son nom », informe Sylvain Roy.
D’après ce pêcheur, la pratique sportive est plus facile que la commerciale. « S’ils ont pas de glace, eux autres peuvent pas pêcher. Nous autres dans notre coin on est chanceux parce que c’est une baie, puis dans la baie quand ça gèle, ça gèle de bonne heure, puis si on est chanceux elle reste là », raconte Monsieur Perkison
Le ministère va dévoiler les résultats de la pêche commerciale à l’éperlan plus tard cet automne. On saura à ce moment-là si la baisse des quotas sera préconisée.