Des alternatives pour l’entretien de la route 199?
Publié le 23 juin 2026 à 16:36, modifié le 23 juin 2026 à 17:18
Par: Leo Hudon
Des acteurs de l’environnement aux Îles-de-la-Madeleine invitent le ministère des Transports à la réflexion. Plusieurs d’entre eux ont pris la parole lors de la séance du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), hier soir. La séance portait sur le programme décennal visant à protéger les routes côtières, notamment la route 199.
Transport Québec réalise actuellement un projet de compensation pour l’entretien de la route 199. Le ministère récupère les casiers de homard laissés dans la mer.
« Donc, le ministère, ou n’importe quel promoteur qui a un impact sur un habitat, se doivent de compenser cette perte d’habitat-là en restaurant un habitat équivalent. Ça s’appelle des projets de compensation, puis là, présentement, dans le projet national, ils vont avec des réserves d’habitat », explique l’adjointe à la direction du Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Noémie Pelletier.
Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine a déjà réalisé ce type d’opération par le passé.
« Mais avec les températures et les tempêtes, après un an ou deux, les casiers à homard, vu qu’ils sont faits en bois, généralement, sont brisés, puis ils cessent de devenir vraiment des engins de pêche fantômes en tant que tels », ajoute Mme Pelletier.
L’organisme questionne donc la pertinence du projet. Noémie Pelletier propose plutôt à Transport Québec de relocaliser les herbiers qui se retrouvent là où les travaux ont lieu.
« On avait également des inquiétudes par rapport à l’équivalence d’habitat. Donc, on s’entend, les ouvrages de protection vont être faits dans un milieu côtier intertidal, puis les retraits d’engins fantômes se font un peu plus au large. Donc, on se dit que ce ne sont pas les mêmes types d’habitats qui sont impactés qui vont être restaurés, puis ce ne sont pas non plus les mêmes espèces qui sont présentes dans ces deux types de milieux là », soutient-elle.
La Madelinienne Hélène Chevrier propose aussi à Transport Québec de revoir le concept même de la route 199, notamment dans le secteur du Havre-aux-Basques.
« Advenant que, dans 25 ou 30 ans, ce soit comme assuré qu’il soit impossible de protéger la route comme ça, dès maintenant, on devrait commencer à se dire : “Bien, qu’est-ce qui arriverait si c’était autrement?” », affirme Mme Chevrier.
La fondatrice du Mouvement pour la valorisation du patrimoine naturel ajoute que la route a de lourds impacts sur l’écosystème de la lagune.
« Il y avait 32 espèces, 32 ou 36, je ne sais plus, puis maintenant il y en a la moitié de ça. Ça a disparu, les poissons », déplore-t-elle.
Elle invite le ministère à trouver des solutions réalistes adaptées au milieu insulaire.
« C’est quand même impossible d’arrêter la mer. On ne peut quand même pas arrêter la marée, puis la mer qui monte », soutient-elle.
Hélène Chevrier conclut donc que l’enrochement n’est qu’une solution temporaire.