Charlevoix, modèle d’éradication d’une maladie porcine mortelle
Publié le 16 avril 2026 à 15:18, modifié le 16 avril 2026 à 15:18
Charlevoix est la seule région du Québec exempte du syndrome reproducteur et respiratoire porcin. Les sacrifices financiers réalisés par deux producteurs de porcs ont permis d’éradiquer cette maladie meurtrière. Ils servent maintenant d’exemple pour outiller d’autres régions.
En 2021, la Porcherie Roger Gauthier, à Saint-Irénée, est touchée par le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP). La mortalité bondit alors pour atteindre près de 20 % du troupeau.
L’un des copropriétaires, Patrice Gauthier, décrit les conséquences de la maladie. « Les truies vont avoir des problèmes de fertilité, plus d’avortements, des gestations plus courtes, ce qui fait que les porcelets peuvent arriver en vie, mais non viables. Puis pour les porcelets, c’est respiratoire. Ça augmente (leur) mortalité. »
« C’est la plus grosse maladie qui cause le plus de problèmes de pertes » chez les producteurs de porcs, résume Valérie Poiré, coordonnatrice du Comité local d’éradication de Charlevoix.
Des mesures sont alors prises dans la porcherie, mais plusieurs fermes du même secteur se recontaminent entre elles. En 2023, deux producteurs décident de tout désinfecter pendant des semaines.
« On s’est tous consultés puis c’est là que j’ai dit : si on ne vide pas nos bâtiments, on n’en vient pas à bout. Il va falloir éventuellement rentrer des nouveaux sujets, on va recommencer encore. Ça fait qu’on a pris cette décision. Là, tout le monde a embarqué », se souvient Patrice Gauthier.
Ce sacrifice financier en a valu la peine. Les pertes des producteurs ont diminué depuis et ce qu’ils ont accompli inspire ailleurs au Québec.
« C’est les seuls qui sont exempts SRRP. Il y a d’autres endroits comme le Regroupement action santé porcine Estrie qui s’en vient vers là. Le Bas-Saint-Laurent essaie aussi. Charlevoix sont vraiment les premiers, puis nous, on veut continuer à les soutenir pour ça », affirme Valérie Poiré.
Des groupes de contrôle de la maladie se sont ainsi formés à travers la province. Mais Charlevoix n’est pas à l’abri d’être encore contaminée, notamment à cause des particuliers qui élèvent des porcs l’été.
« Au lieu d’aller chercher des porcelets en dehors, commencer à les faire tester pour vérifier s’ils sont exempts SRRP, c’est un gros processus. Ça fait qu’on dit : pour s’aider, appelez les producteurs d’ici, achetez vos porcelets de la zone, puis tout le monde va rester en sécurité », conclut la coordonnatrice.