Murdochville pourrait devoir déménager
Publié le 22 juin 2026 à 16:08, modifié le 22 juin 2026 à 17:14
Par: Leo Hudon
Le projet minier à Murdochville pourrait changer. Métaux Osisko évalue dorénavant la possibilité de déplacer toutes les maisons de la municipalité afin de rouvrir la mine de cuivre en 2032.
Ce n’est toutefois pas la seule option envisagée. Le premier, scénario présenté au début de juin, était moins ambitieux. Il s’agissait de déplacer une trentaine de maisons dans le secteur nord-ouest.
C’est un choc pour beaucoup de Murdochvillois. L’entreprise minière, Métaux Osisko, étudie maintenant l’option de déplacer le village entier.
« Et puis là, c’est sûr que l’arrivée de la mine, c’est un petit peu une surprise, oui et non. Nous, on ne le savait pas quand on est venus s’installer. Nous, on est en train de regarder pour acheter une maison, fait que c’est sûr qu’on est un petit peu ébranlés », explique la Murdochvilloise, Mariann Fortin.
Mariann Fortin réside à Murdochville avec son conjoint depuis octobre 2025. Elle travaille dans l’industrie touristique.
« Je pense que ce qui est le plus inquiétant dans tout ça, c’est de perdre notre travail, parce que veut, veut pas, le domaine du tourisme, déjà que ce n’est pas facile dans tous les milieux. On ne veut pas perdre ça, mais je pense aussi que l’arrivée d’une mine, c’est gros. C’est quelque chose qu’on n’est pas vraiment capables de s’imaginer vu qu’on ne l’a jamais vécu, on ne l’a jamais vu », ajoute Mme Fortin.
Le tourisme est d’ailleurs l’une des inquiétudes de la professeure en développement régional à l’UQAR, Geneviève Brisson. Elle ajoute que de gros enjeux liés à l’environnement et à l’approvisionnement en eau potable sont à prévoir.
« Bien, c’est d’abord être transparent […] parce que plus il y a du flou autour de ça, plus il y a des rumeurs, plus il y a des craintes, plus il y a de l’angoisse […] La chose la plus importante, c’est vraiment que Osisko se statue très rapidement sur l’option privilégiée pour que les gens sachent à quoi s’en tenir, mais aussi qu’on puisse se préparer adéquatement », affirme Geneviève Brisson.
Le chef de la direction de Métaux Osisko, Robert Wares, assure que l’entreprise assumerait les frais engendrés. L’entreprise évalue le potentiel de la mine à deux milliards de tonnes de cuivre. C’est 15 fois plus que ce qui a été extrait durant les 44 années d’activité de la mine, fermée en 1999.
« Les citoyens devraient pouvoir ensuite imaginer, rêver, décider de comment ils veulent que se passe ce déménagement-là, partiel ou total. Dans les deux cas, il y a des enjeux et les citoyens devraient prendre part à ça », soutient Geneviève Brisson.
Métaux Osisko organise sa dixième consultation citoyenne ce soir. L’entreprise a cependant refusé de nous accorder une entrevue.