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Boissons énergisantes : des jeunes gaspésiens appuient l’interdiction

Publié le 16 avril 2026 à 16:36, modifié le 21 avril 2026 à 11:14

Par: Patrick Giguère

La région de la Gaspésie suit aussi la vague de mobilisation provinciale pour interdire la vente et la distribution de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans. Ça fait suite, en autre, au décès d’un adolescent en janvier 2024.

Comme dans d’autres établissements scolaires de la province, les boissons énergisantes sont très populaires auprès des jeunes de la polyvalente de Paspébiac.

« Il y en a beaucoup. Ça m’impressionne parce qu’ils y en a qui en boivent trois par jour », lance une adolescente.

« J’ai beaucoup d’amis qui en prennent, donc je ne pense pas. Ils en boivent combien par jour ? Quatre. C’est beaucoup ? Oui. Mais ils aiment ça, et je ne peux pas les en empêcher», raconte une autre fille.

Certains adolescents à qui nous avons parlé appuient l’initiative de plusieurs organisations, dont des syndicats comme la CSN, ainsi que des acteurs du milieu de l’éducation, visant à interdire la vente de ces boissons stimulantes aux jeunes de leur âge.

« Je suis complètement en désaccord parce que je pense que ce n’est pas bon pour la santé des jeunes, et plus tu commences à en prendre tôt, plus ça peut aggraver ta santé ».

« C’est vraiment dangereux. J’ai entendu plein de choses, surtout récemment : il s’est passé des choses avec des boissons énergisantes. C’est dangereux, on ne devrait pas boire ça à cet âge-là », ajoute une adolescente.

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale a déjà récolté plus de 21 800 signatures.

La démarche s’appuie notamment sur les recommandations émises en 2023 par un comité consultatif mandaté par le gouvernement du Québec, ainsi que sur le décès par arythmie d’un adolescent de 15 ans.

La consommation combinée de Biphentin et de caféine aurait causé une arythmie ayant entraîné la mort subite du jeune.

« Depuis plusieurs années, on sait que les ingrédients contenus dans les boissons énergisantes, qu’il s’agisse de stimulants comme la caféine, mais aussi de la taurine et du ginseng, peuvent contribuer à plusieurs problèmes de santé : on pense aux troubles du sommeil, à l’agitation et à des problèmes cardiaques », explique Éloise Bourdon, nutritionniste à la direction de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Une fille de 14 ans que nous avons rencontré, en sait quelque chose.

« C’est dangereux parce que, moi, à chaque fois que j’en buvais je tremblais et mon cœur battait vraiment vite et j’avais des étourdissements. »

Et pourtant, pour certains :

« J’avoue que ce n’est pas vraiment fort pour la santé, mais c’est leur choix, leur choix de vie à eux. On ne peut décider autrement pour les autres », fait savoir Jade.

« Je pense qu’il y en a qui seraient capables de comprendre que c’est dangereux pour eux autres, puis les parents devraient avoir une responsabilité dans ça», croit une autre jeune.

Reste à voir si ces témoignages donneront des ailes au mouvement.

« Dans le respect de compétence du CSSCC et des juridictions applicables, on ne prévoit pas se prononcer publiquement ni accorder d’entrevue sur cet enjeu à ce stade-ci. Nous demeurons toutefois engagés à promouvoir des environnements scolaires sains et sécuritaires pour nos élèves » a répondu par écrit la conseillère en communication du Centre de services scolaire des Chic-Chocs, Nadine Cotton.

« Après vérification, nous n’avons pas pris position officiellement dans le dossier des boissons énergisantes. Toutefois, certaines écoles avaient déjà intégré une interdiction à leur code de vie », a déclaré de son côté la responsable des communications du Centre de services scolaire René-Lévesque, Odrée Robichaud.