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Nouvelles

Crise des médias : Télé Inter-Rives interpelle Ottawa

Publié le 14 avril 2026 à 18:12, modifié le 15 avril 2026 à 07:50

Par: Megan Maltais

Quelques semaines après l’octroi du crédit d’impôt aux médias électroniques par le gouvernement du Québec, c’est au tour du gouvernement fédéral d’être appelé à agir pour aider les médias. Les représentants de Télé Inter-Rives se sont adressés aux élus fédéraux aujourd’hui à Ottawa.

Aide d’urgence de 1,5M$ pour les stations indépendantes, création d’un programme de remplacement advenant l’abandon de la Loi sur la diffusion continue en ligne et que le gouvernement fédéral accorde à son tour un crédit d’impôt sur les salaires des journalistes… voici les demandes qu’ont formulé la vice-présidente de l’information et le directeur général de Télé Inter-Rives.

« J’ose dire que cette fois-ci sera différente, je sens vraiment que l’écoute était là et que tout le monde a compris l’urgence d’agir », estime la vice-présidente de l’information, Cindy Simard.

Le directeur général, Pierre Harvey, est du même avis. « On sent un vent nouveau qui est en train de tourner et qui est favorable à notre industrie. »

Trouver des solutions 

Ils ont aussi proposé des solutions, comme d’offrir une prime aux journalistes qui s’installent en région ou de donner un crédit d’impôt aux entreprises qui achètent de la publicité locale.

« Souvent, c’est trop facile de parler des problèmes, des problèmes, des problèmes, mais de ne pas amener de solutions. Je pense qu’aujourd’hui on a fait le contraire et des solutions on en avait plein », assure Cindy Simard.

Ce sont les nouvelles à la télévision qui coûtent le plus cher à produire. « C’est 4 millions de dollars par année, nous, maintenir un service d’information. »

« Demain matin, si on est plus là pour transmettre ce service-là à nos citoyens, il y aura un dessert médiatique en télévision. Il y aurait juste Radio-Canada. On pense que ce n’est pas ce que les gens souhaitent. Les gens reconnaissaient le service de Radio-Canada, mais ils reconnaissent aussi le nôtre et ils y tiennent », estime Pierre Harvey.

Appuyé par les élus 

Les représentants de Télé Inter-Rives peuvent compter sur le soutien des députés régionaux. « L’information c’est un besoin essentiel pour un citoyen à notre époque. L’information, c’est un droit. C’est dans la Charte québécoise des droits et libertés : toute personne a le droit à l’information. Il faut que le gouvernement appuie ce secteur-là qui est névralgique dans notre vie démocratique », explique le député de Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes.

De son côté, le député de Côte-du-Sud-Rivière-du-Loup-Kataskomiq-Témiscouata, Bernard Généreux, considère « qu’il ne peut pas juste avoir un média au Canada, c’est impossible. Il faut qu’il y ait une pluralité d’opinion, de couverture médiatique pour être capable de bien donner l’information. C’est l’un des piliers de la démocratie canadienne, inévitablement, il faut que ce soit fait dans les règles de l’art ».

En allant quotidiennement à la rencontre des gens, la télévision dispose d’un lien particulier avec son public. « Je pense que d’être en région nous donne la chance d’être près des gens. Les gens nous connaissent, on les rencontre partout où on va et ils savent qu’on offre une information juste et crédible », estime la vice-présidente de l’information chez Télé Inter-Rives.

« Lorsque CHAU fait un reportage sur un sujet en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, ça résonne », affirme Alexis Deschênes.

Ce n’est pas la première fois que Télé Inter-Rives est appelé à témoigner devant le Comité permanent du patrimoine canadien. Cindy Simard et Pierre Harvey espèrent cette fois que leur message aura été entendu.