Sursis pour la Chambre de commerce du Restigouche
Publié le 14 avril 2026 à 16:48, modifié le 15 avril 2026 à 08:22
Par: Pierre-Marie Nicolas
La proposition de dissoudre la Chambre de commerce du Restigouche, soumise à ses quelque 209 membres, n’a pas obtenu de réponse claire. Seulement 65 bulletins de vote ont été retournés.
Pour Joël Gastonguay, président par intérim de la Chambre de commerce du Restigouche, la simple mise aux voix de la dissolution a provoqué une onde de choc.
« En voyant le vote pour proposer de dissoudre la chambre de commerce, ça a comme créé un choc dans la communauté. Où est-ce que les gens disent : ça va avoir un impact majeur s’il y a plus de chambre de commerce dans la région. » — Joël Gastonguay, président par intérim
Deux crises en parallèle
La dissolution est écartée, mais les problèmes demeurent entiers. La Chambre traverse deux crises simultanées.
D’abord une crise financière : le conseil se sépare cette semaine de ses deux seuls employés, dont le directeur général Tyler Richard.
Ensuite, un problème d’engagement : des activités annulées faute de participants, une foire commerciale abandonnée, quatre postes vacants au conseil.
Un sentiment partagé chez les membres
Les membres et anciens membres expliquent ce désengagement par l’impression de ne plus y trouver leur compte. Mélanie Labelle, propriétaire de l’animalerie Bubbles n’Bows Pet à Campbellton, évoque cette désillusion : « Quand on a commencé nous dans la chambre de commerce, c’était beaucoup pour la promotion. C’est vraiment ça qui nous a attirés pour devenir membre. Ça commençait à être très dispendieux. Et puis là on se disait : est-ce que c’est bénéfique pour l’entreprise ? »
Un constat que partage Luc Couturier, maire par intérim de Campbellton et lui-même entrepreneur. « On veut avoir quelque chose pour ce qu’on paye. On veut que la chambre nous redonne de quelques façons. Il y a des attentes des commerçants qui n’étaient peut-être pas rencontrées à 100 %. »
Les municipalités reconnaissent elles aussi une part de responsabilité dans la situation actuelle. « Comme localité, on n’a peut-être pas fait notre part pour les aider, admet Luc Couturier. On n’a peut-être pas aussi poussé les commerçants à joindre la chambre de commerce. »
À la recherche d’un second souffle
Joël Gastonguay rencontrait ce matin la Commission de services régionaux pour explorer des pistes de solution. Il ne se fait toutefois pas d’illusions sur l’ampleur du défi.
« S’il n’y a plus personne qui a de temps pour aider une chambre de commerce, s’il y a personne qui veut la tenir en vie… Y’a pas juste deux membres qui vont pouvoir la tenir. » — Joël Gastonguay
La Chambre a évité la dissolution. Mais pour l’instant, elle se met sur pause, le temps de se restructurer et de trouver un second souffle.