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Treize ans de pénitencier pour Simon Dufort-Chouinard. Le jeune homme a plaidé coupable jeudi à deux chefs d’homicide involontaire et à un chef de conduite dangereuse pour la collision qui a coûté la vie à Gabriel Noël et Dylan Samuel-Francoeur, en mai 2023 à Rivière-au-Renard.

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Violence et harcèlement: la Couronne réclame six ans de pénitencier pour Bruno-Pierre Godbout

Publié le 17 mars 2026 à 11:16, modifié le 18 mars 2026 à 10:16

Par: Patrick Giguère

Reconnu coupable d’avoir violenté et harcelé trois victimes sur une longue période, l’ancien conseiller municipal de Chandler, Bruno-Pierre Godbout, pourrait prendre le chemin d’un pénitencier fédéral. Les deux parties ne s’entendent toutefois pas sur la durée de la peine à lui imposer.

Les représentations sur la peine ont débuté ce matin au palais de justice de Percé.

Dans un premier temps, la procureure du ministère public, Marie-Laurence Rondeau, a appelé à la barre l’une des victimes.

La femme a pris son courage à deux mains pour faire face à l’accusé pour la première fois depuis les événements.

Elle a expliqué qu’elle pouvait enfin parler de ce qu’elle avait vécu, sans craindre d’être insultée ou réduite au silence.

La victime a décrit des années de peur et de terreur, affirmant avoir craint à certains moments pour sa vie et sa sécurité.

Une lettre rédigée par une deuxième victime a aussi été lue au tribunal. Celle-ci affirme avoir perdu une partie de la confiance qu’elle avait envers les autres et envers elle-même.

Elle dit vivre encore aujourd’hui avec de la peur, de l’angoisse et une hypervigilance constante, qui l’empêchent de vivre librement, même si elle tente toujours de se reconstruire.

L’identité des victimes est protégée par une ordonnance de non-publication.

Tout au long des représentations, Bruno-Pierre Godbout est demeuré assis dans le box des accusés, impassible, froid et silencieux, sans réagir aux témoignages des victimes.

À quelques reprises, il a néanmoins jeté un coup d’œil à la salle d’audience.

Peine fédérale 

Le ministère public réclame six ans d’incarcération, dont devraient être soustraits 17 mois de détention provisoire.

La poursuite insiste sur la gravité des gestes, l’usage de violence et les conséquences importantes pour les victimes, ainsi que sur la répétition des gestes sur plusieurs années.

De son côté, la défense estime qu’une peine de 30 mois d’emprisonnement serait plus appropriée dans les circonstances.

L’avocate de Godbout, Me Ariane Cayer, a souligné plusieurs facteurs atténuants : la prise de responsabilité de son client et son plaidoyer de culpabilité, son engagement dans des programmes de réhabilitation adaptés à ses besoins, l’absence d’antécédents judiciaires, le soutien de sa famille et de ses proches, ainsi que son emploi et sa participation active à la société avant son arrestation.

Elle a admis que, selon le rapport présentenciel, le risque de récidive de son client était modéré, mais qu’il pourrait être réduit grâce à des rencontres de suivi.

Me Cayer a indiqué au juge que son client travaillait à avoir un filet de sécurité pour favoriser sa réintégration sociale.

Coupable de six accusations 

Rappelons que l’homme de 37 ans a plaidé coupable en janvier à six chefs d’accusation, soit une agression sexuelle, une agression armée, deux voies de fait et deux chefs de harcèlement criminel, pour des gestes commis entre 2013 et 2021 à l’endroit de trois femmes.

Il a été acquitté des six autres chefs d’accusation après que la poursuite a signalé ne pas avoir de preuve à présenter pour ces derniers.

L’ancien conseiller municipal et technologue en physiothérapie s’est notamment montré insistant pour avoir des rapports sexuels, sans se soucier des objections d’une plaignante.

Lors d’une autre relation sexuelle imposée, il lui a dit d’arrêter de pleurer, car ça l’empêchait de «venir».

La trame factuelle fait état de plusieurs autres événements violents, entre autres serrer le bras d’une femme jusqu’à lui causer des bleus, la prendre à la gorge, lui maintenir la tête vers les toilettes et même lancer un ordinateur dans sa direction.

Le juge Richard Côté rendra sa décision le 1er mai.

Autre report

L’avocate de Bruno-Pierre Godbout a précisé, au début de l’audience, qu’il restait encore du travail à effectuer dans les dossiers de fraude et d’usage de faux documents, liés à des demandes de remboursement d’environ 10 000 $ lorsqu’il occupait le poste de maire suppléant de la Ville de Chandler.

L’affaire est aussi renvoyée au 1er mai, pour formalité.