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Procès Doiron : un troisième témoin pour la couronne

Publié le 10 juin 2026 à 15:15, modifié le 10 juin 2026 à 15:29

Par: Pierre-Marie Nicolas

Le procès de Claude Doiron se poursuivait aujourd’hui à Percé. L’audience a été ajourné à demain pour laisser le temps à la défense de valider le troisième témoin proposé par la couronne.

Au début des audiences, la Couronne n’avait prévu que deux témoins dans le procès de l’ex-porte-parole. Mais ce matin, Me Louis-Philippe Desjardins annonce qu’il en a un troisième qui résident à l’extérieur de la région. La défense ne l’entend pas ainsi. Elle réclame un ajournement pour vérifier si ce témoin est recevable. Si c’est le cas, elle permettrait selon la théorie de la couronne de venir invalider les preuves apportées par la défense mardi.

Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir à ce qui s’est déroulé hier, pendant le contre-interrogatoire de la plaignante.

L’avocat de Claude Doiron, Me Jean-François Boucher a questionné la plaignante sur la cohérence de ses souvenirs vieux de près de 40 ans. Il a exhibé trois photographies d’un séjour estival qu’elle aurait fait près de Montréal dans sa jeunesse. Une inscription manuscrite au verso indiquait 1988, ce qui serait, pour la défense, incompatible avec sa présence en Gaspésie ce même été. Mais la plaignante, dans la cinquantaine aujourd’hui, soutient fermement que ces photos ont été prises en 1989.

Elle a également été questionnée sur des détails sensoriels au moment des faits. À cette période, elle avait 12 ans. Est-ce que Claude Doiron portait une moustache ou une barbe ? Avait-il une mauvaise haleine ? Et quelle était la main utilisée par l’accusé lors des gestes posés dans une voiture.

Ce matin, l’avocat de la défense, ancien policier a annoncé prendre la chose très au sérieux et ne pourrait confirmer la recevabilité de la preuve d’ici demain matin. Pour la suite des choses, c’est toute une question logistique qui rentre en ligne de compte. Des témoins de la défense auraient fait le déplacement depuis Montréal. Le juge Lortie a proposé aux deux parties d’entendre d’abord les témoins de la défense, pendant que les vérifications de la Couronne suivent leur cours.

L’échéancier du procès est prévu pour deux semaines. La suite se décidera demain matin, 9h30, au palais de justice de Percé.