Violence conjugale : une action concertée de sensibilisation
Publié le 26 novembre 2025 à 14:49, modifié le 26 novembre 2025 à 14:49
Par: Louis-Philippe Morin
Comme ailleurs au Québec, des barrages de sensibilisation ont été dressés aujourd’hui en Gaspésie par les forces policières. L’événement se déroule dans le cadre des douze jours d’action contre la violence faite aux femmes.
Il y a 36 ans, un homme entrait à l’école Polytechnique de Montréal et abattait 12 femmes. Un geste inexplicable qui résonne encore aujourd’hui… avec ces 12 jours consacrés à la sensibilisation et l’action contre la violence faite aux femmes.
« C’est sûr qu’un changement, ça prend vraiment du temps. Chaque action compte. C’est pour ça, aussi, qu’on s’est inscrit et qu’on fait des actions au cours des 12 jours. On veut vraiment… Toutes les petites actions comptent pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles. », explique Sophie Duguay, directrice de l’Émergence.
Afin de bien faire passer le message, une activité était organisée sur le territoire de la communauté de Gesgapegiag. Les organismes qui défendent les droits des femmes se joignaient aux forces policières pour distribuer des documents d’information.
« On espère. Les manifestations comme aujourd’hui ça éveille la conscience. Ça permet aux gens de s’arrêter et de penser à la problématique. Parfois, on a une vie très occupée… On ne pense pas à tout ce qui se passe. On ne sait pas ce qui se passe chez le voisin ou ce que nos amis vivent à la maison. », ajoute James Condo, intervenant en violence conjugale à Gesgapegiag.
Dans les municipalités de la région, mais aussi dans les communautés des Premières Nations, les problèmes de violence conjugale ne diminuent pas…
« C’était plus élevé quand j’ai commencé. Mais je remarque que ça descend depuis quelque temps. Par contre, pendant la période des Fêtes, ça remonte. C’est triste. », poursuit monsieur Condo.
« On espère toujours une amélioration. On espère aussi que les femmes dénoncent plus rapidement et qu’elles consultent plus vite. C’est sûr, comme je vous dis, un changement de mentalité dans la société c’est long. », souligne madame Duguay.
Si la circulation était ralentie par endroit, la cause en vaut la peine… et rejoint directement les policiers et ceux qui étudient pour entrer dans les forces de l’ordre.
« On a des cours de ressources communautaires. On est sensibilisé… on sensibilise nos étudiants à la problématique de violence faite aux femmes. », soutient, quant à elle, Manon Parent, coordonnatrice au programme techniques policières au Cégep de Gaspé.
« Les échanges sont plaisants. Les gens sont contents qu’on prenne une initiative de partager des choses comme ça, de la lutte contre la violence conjugale. », termine Kevin Debigaré, un policier dans la communauté de Gesgapegiag… Ce dernier participait à cette action concertée.
C’était la quatrième année de cette action concertée. Tous les intervenants autour du dossier souhaiteraient qu’il n’y ait pas de cinquième édition… mais avouent aussi qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.