Violence conjugale : Des dénonciations en hausse, la prévention en première ligne
Publié le 19 janvier 2026 à 16:53, modifié le 21 janvier 2026 à 17:02
Par: Pierre-Marie Nicolas
Les dénonciations pour violence conjugale sont en forte hausse en Gaspésie, comme ailleurs au Québec. En moins de dix ans, le nombre de dossiers ouverts a plus que triplé, selon la Sûreté du Québec.
Selon la Sûreté du Québec, on est passé d’environ 4 000 dossiers il y a une dizaine d’années à plus de 12 800 en 2024. Une hausse importante, mais qui ne signifie pas forcément qu’il y a plus de violence qu’avant. Du côté de SOS Violence conjugale, les appels ont aussi augmenté, passant de 25 000 en 2016 à près de 60 000 l’an dernier, ce qui reflète surtout une meilleure reconnaissance des situations.
En Gaspésie, la violence conjugale reste une réalité bien présente. Les policiers et les organismes reçoivent un nombre croissant de signalements. Une tendance qui reflète une population mieux informée et plus éclairée face aux comportements violents.
« On fait beaucoup de prévention, les policiers font de la prévention. Mais également, on réfère des victimes à différents organismes dans les régions qui viennent en aide aux victimes d’actes criminels en matière de violence entre partenaires intimes. Donc, est-ce qu’il y en a plus qu’il y a 10 ans ? On ne peut pas s’aventurer, je ne peux pas répondre à cette question-là. Est-ce que c’est plus dénoncé ? Oui, effectivement, on peut croire que la prévention joue un grand rôle », explique Frédéric Deshaies, porte-parole de la Sûreté du Québec.
Sur le terrain, les organismes communautaires jouent un rôle central dans cette prévention. Ils misent sur l’information, la sensibilisation et la présence dans les milieux de vie pour rejoindre les femmes qui vivent des situations de violence, parfois sans même en être conscientes.
« Plus tôt on informe les femmes de nos services, informer, sensibiliser les femmes. Eh bien, on croit que ça va faire en sorte que les femmes vont plus réagir avant qu’il soit trop tard. Parce que le trop tard, des fois, on le voit dans les médias : ce sont des féminicides. Les femmes, parfois, ne savent pas qu’elles vivent de la violence conjugale », souligne Aline Clavet, directrice générale général de l’organisme L’Aid’elle.
Pour renforcer cette approche, l’organisme La maison d’aide et d’hébergement L’Aid’elle à Gaspé a mis en place un projet pilote axé directement sur la prévention et la sensibilisation dans les communautés.
« C’est un projet pilote de deux ans qui a amené l’engagement d’une intervenante sociale pour la sensibilisation, qui va aller dans tous les milieux, qui va travailler aussi avec les employeurs, qui va travailler avec les écoles et les organismes communautaires. On va faire beaucoup d’activités cette année sur le territoire pour justement démystifier la violence faite aux femmes, et aussi démystifier tout ce qui est nos services comme ressources, 24/7 », précise-t-elle.
La prévention, la collaboration entre les organismes et la sensibilisation demeurent des leviers importants pour protéger les victimes. Aujourd’hui, on compte une quatrième victime de féminicide au Québec depuis le début de l’année.
Ressources disponibles :
MRC Bonaventure Femmes en Mouvement (418) 534-4345
Maison d’aide et d’hébergement L’Émergence (418) 759-3411
Calacs La Bôme-Gaspésie 1 (866) 968-6686
LGBT+ Baie-des-Chaleurs (581) 886-5428
MRC Haute-Gaspésie Centre Louise Amélie (418) 763-7641
Calacs La Bôme-Gaspésie 1 (866) 968-6686
LGBT Haute-Gaspésie : https://www.facebook.com/lgbt.hg
MRC Côte-de-Gaspé Maison d’aide et d’hébergement L’Aid’Elle (418) 368-6883
Regroupement des femmes de la Côte-de-Gaspé (418) 368-1929
Calacs La Bôme-Gaspésie 1 (866) 968-6686
Îles-de-la-Madeleine Maison d’aide et d’hébergement l’Accalmie (418) 986-5044
Regroupement des femmes La Sentin’Elle (418) 986-4334
CALACS l’espoir des Îles (418) 986-6111
Partout au Québec SOS violence conjugale
Tél. : 1 (800) 364-9010
Texto : (438) 601-1211
Info-aide violences sexuelles 1 (888) 933-9007
En cas d’urgence, 911