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Tarifs sur le bois d’œuvre : les PME plongées dans l’incertitude

Publié le 1 août 2025 à 17:10, modifié le 1 août 2025 à 17:10

Par: Charles Boisvert

Alors qu’une vague de tarifs américains a été annoncée hier, plusieurs secteurs économiques se trouvent dans l’incertitude. Même s’il est inclus dans l’ACÉUM, le marché du bois d’œuvre a fait l’objet de taxes supplémentaires cette semaine. Une nouvelle qui préoccupe des entreprises de nos régions.

« C’est le pire des scénarios qui pouvait arriver », affirme Luc Lebel, professeur d’opération forestière à l’Université Laval.

Une nouvelle taxe de 20,56 % sur le bois d’œuvre résineux est en vigueur depuis mardi. Luc Lebel explique que « l’annonce d’un tarif aussi élevé va amener des décisions très difficiles pour le secteur dans le très court terme ».

Ces droits antidumping s’ajoutent à la taxe compensatoire de 7 % déjà en place, portant les tarifs totaux à 27 %.

Steeve St-Gelais, président du Groupe Boisaco, précise que « l’antidumping fait référence au fait de supposément vendre du bois à un prix pas suffisamment élevé. » Il ajoute que « [la taxe] compensatoire, c’est comme le fait de vouloir alléguer que les entreprises canadiennes seraient comme subventionnées, qui auraient des avantages indus de la part des gouvernements. »

Le marché canadien sera chamboulé. Les entreprises qui exportent massivement aux États-Unis se tourneront vers le Canada. Un déséquilibre sera créé dans le marché, car l’offre de bois d’œuvre excèdera la demande. Cela veut donc dire que des compagnies comme Boisaco et Damabois, qui vendent déjà majoritairement au pays, seront impactées.

« La conséquence est évidemment de faire augmenter le prix des maisons. La conséquence est aussi de rendre d’autres provenances de bois d’œuvre plus compétitive », indique Luc Lebel.

Cette nouvelle taxe antidumping comprend des tarifs rétroactifs sur les produits exportés depuis le 1er janvier 2023. Les entreprises ne sont pas inquiètes, parce que cette décision sera contestée devant les tribunaux internationaux.

« C’est un élément qui éventuellement pourrait être pris en compte dans le règlement des dossiers de chacune des années finalement, mais ce n’est pas quelque chose qui va pouvoir impacter à court terme », mentionne Steeve St-Gelais.

Avec l’imprévisibilité de Donald Trump, l’industrie forestière craint une augmentation des tarifs à 35 % en septembre, voire même 50 %.

« Ce serait catastrophique », prévient Luc Lebel. « Rendu à 35 %, les producteurs d’ici ne sont certainement pas capables d’absorber une telle augmentation », ajoute-t-il.

Le conflit canado-américain sur le bois d’œuvre dure depuis plus de 40 ans. Les deux pays auraient avantage à trouver un accord.

« Tous les spécialistes s’entendent pour dire que le marché américain a besoin du bois d’œuvre canadien », conclut Luc Lebel.

Pour rester ouvertes, les entreprises exportatrices de bois d’œuvre espèrent que le gouvernement trouvera une solution pour leur offrir l’aide appropriée.