Pêche du homard : 17 infractions commises dans la péninsule acadienne
Publié le 3 juillet 2026 à 17:12, modifié le 3 juillet 2026 à 17:18
Par: Henri Paquette
Les agents du détachement de Shippagan du ministère des pêches et des océans (MPO) enquêtent sur 17 infractions à la Loi sur les pêches. Ces enquêtes surviennent après une opération de vérifications menée du 23 au 25 juin auprès de pêcheurs de homards de la zone 23, dans la péninsule. Pêches et Océans Canada parle de possessions illégales de homards femelles avec des œufs, de homards entre 115 et 129 millimètres ainsi que des possessions de homards sous la taille minimale requise.
121, c’est le nombre d’inspections que les agents des pêches du détachement de Shippagan ont mené dans la zone 23, qui couvre toute la péninsule acadienne et une partie de la Baie-des-Chaleurs. L’opération visait à s’assurer que les prises des pêcheurs de homards, leurs permis et leurs journaux de bord électroniques étaient conformes. Avec les 17 infractions rapportées par le MPO, force est de constater que la pêche illégale est encore présente.
À l’automne 2025, d’ex-fonctionnaires du MPO avaient témoigné, devant la Commission permanente sur les pêches, qu’ils étaient au courant de pratiques illégales. Ils ont avoué avoir parfois pour directive de ne pas intervenir. Dans ce contexte, la nouvelle d’aujourd’hui est prise au sérieux par l’Union des pêcheurs des maritimes.
« On est en train de regarder des recommandations qu’on pourrait envoyer au ministère pour augmenter peut-être la sévérité des peines, pour les rendre plus efficaces dans certains secteurs. […] Par exemple, la perte de journée de pêche, peut-être une semaine ou deux semaine la saison prochaine », soutient le directeur général de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), Martin Mallet.
Par ailleurs, une approche réglementaire stricte est indispensable pour protéger l’espèce du homard, qui subit elle aussi les menaces des changements climatiques. « C’est vrai qu’on a vu une augmentation du nombre de homards. On le voit avec l’ouverture de nouveaux permis en Gaspésie et sur la Côte-Nord, mais c’est le constat aujourd’hui. Il y a encore beaucoup d’incertitudes à propos du stock de homard dans 5 ans ou dans 10 ans », nuance la chargée de projet en pêches chez Merinov, Éloïse Lemaire.
Car en effet, braconner revient à mettre en péril la pérennité des stocks de homards, ce qui nuirait à long terme au gagne-pain des homardiers. « Ça prend environ sept à huit ans avant d’avoir un homard de taille commerciale en venant de l’œuf d’une femelle. Donc si on protège moins les femelles avec les œufs, si on ne protège pas la capacité de reproduction de ces géniteurs, dans sept à huit ans, on va avoir un déclin significatif de la ressource. Puis c’est tout le monde qui paye pour ça », explique Martin Mallet.
De son côté, Pêches et Océans Canada a refusé de nous accorder une entrevue en lien avec cette vague d’infractions.