Séance d’information du BAPE : les routes gaspésiennes face aux aléas côtiers
Publié le 20 mars 2026 à 14:18, modifié le 20 mars 2026 à 18:27
Par: Pierre-Marie Nicolas
Le ministère des Transports et de la mobilité durable tenait jeudi soir une séance d’information publique au Quai des Arts, à Carleton-sur-Mer. Dans le cadre du processus du BAPE portant sur la protection des routes gaspésiennes contre l’érosion côtière.
Un projet d’envergure pour la Gaspésie
Après Rimouski et les Îles-de-la-Madeleine, c’était au tour de la Baie-des-Chaleurs d’accueillir les représentants du gouvernement. Une trentaine de citoyens se sont déplacés pour comprendre comment le ministère compte sécuriser le réseau routier tout en respectant l’environnement fragile de la région.
En Gaspésie, l’enjeu est colossal : 97 sites sont jugés prioritaires, dont 37 dans le nord et 15 dans le sud de la péninsule.
« Contrairement à ce que les gens ont l’habitude d’entendre lors d’un BAPE, c’est un projet concret. C’est un encadrement de la façon dont les projets seront menés pour répondre aux exigences environnementales tout en tenant compte des changements climatiques. » — Julie Marcoux, porte-parole du MTMD
L’enjeu est de taille : intervenir sur le littoral sans détruire les écosystèmes qui le composent. Le ministère reconnaît que certains travaux entraîneront des empiètements en milieu hydrique, notamment dans la baie des Chaleurs, mais assure avoir pris les devants pour en compenser les effets
« Les impacts ont été évalués de façon générale. On sait par exemple qu’il va y avoir de l’empiètement en milieu hydrique. Le ministère a déjà fait des réserves d’habitat et a déjà prévu des projets de compensation, réalisés avant même la mise en place du programme, pour compenser les travaux qu’on va réaliser dans le futur. », explique t’elle.
Chaque site sera analysé au cas par cas afin de protéger la biodiversité. La priorité demeure d’éviter les impacts, puis de les atténuer lorsqu’ils sont inévitables.
La soirée a donné lieu à de nombreuses questions de la part des citoyens, notamment sur la coordination entre les municipalités et le ministère, les sites ciblés dans la région, et les travaux réalisés à Maria.
Les séances d’information publiques se poursuivront jusqu’au 7 avril. La suite du processus dépendra ensuite d’une décision ministérielle.
Si le BAPE est mandaté par le ministre pour tenir un examen public, ça pourrait se tenir en mai ou en juin. On ne peut pas se mandater nous-mêmes — c’est le ministre qui nous mandaterait à ce moment-là. » raconte Patrick Fournier, conseiller en communication pour le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
Le dossier pourrait ensuite passer en audiences publiques, avant que le ministère de l’Environnement formule sa recommandation au gouvernement. Si un décret est émis, chaque site fera l’objet d’une évaluation individuelle — un processus qui ne devrait pas se conclure avant la fin de 2026.