Obligée de se rendre à Philadelphie pour traiter un cancer rare
Publié le 11 septembre 2025 à 17:06, modifié le 11 septembre 2025 à 17:11
Par: Catherine Pellerin
La famille d’une femme de Trois-Pistoles lance un appel à la générosité. La dame de 69 ans est atteinte d’un cancer extrêmement rare. Elle devra se rendre à Philadelphie pour recevoir un traitement de radiothérapie qui n’existe au Canada.
« La dernière opération a été assez dure, et j’espère être capable de remarcher un jour », confie Annette Gagnon, qui a été hospitalisée en juin dernier. Ses jambes ont alors complètement paralysé.
« Ce sont des maux de dos, on se disait que ça va passer, il faut juste qu’elle arrête de travailler un peu. Finalement, ça se ramasse en chordome », raconte sa petite-fille, Mérédith.
Après plusieurs tests, les médecins ont finalement trouvé une tumeur maligne très rare sur une vertèbre de sa colonne vertébrale. « C’est une personne sur 1 million qui est diagnostiquée avec un chordome. C’est très rare comme cancer, » explique sa fille, Katia Talbot.
La femme de 69 ans a dû subir deux importantes opérations, pour retirer la masse presque complètement. Elle n’a aucune métastase et ses chances de survie sont de 90%, à condition qu’elle subisse un traitement de protonthérapie de huit semaines. Cette radiothérapie très ciblée évite d’endommager d’autres organes.
« La santé, ça tient à un cheveu, on ne sait jamais ce qui peut arriver », lance sa petite-fille de 20 ans.
« J’ai arrêté de travailler le 15 juin et le 20 juin, je suis rentrée à l’hôpital », affirme Mme Gagnon.
Un traitement vital, mais coûteux
Ses médecins lui conseillent de subir ce traitement aux États-Unis le plus tôt possible. Le système de santé au Québec paiera toutefois seulement une partie de ses dépenses.
La femme devra faire deux allers-retours en avion à Philadelphie, en étant accompagnée d’une proche aidante. La facture risque de dépasser 30 000 $ US avec les déplacements et l’hébergement.
« On n’a pas l’habitude de demander de l’aide. On s’arrange toute seule habituellement… mais là, ma mère a tellement donné aux autres, tellement aidé les personnes âgées », souligne Katia Talbot, émotive.
Élan de solidarité
L’une de ses deux petites-filles a lancé une campagne de sociofinancement. Pour elle, il est essentiel que sa grand-mère se sente soutenue dans cette épreuve.
« Je tenais à l’aider dans tout ça, qu’elle se sente soutenue par les autres, aussi qu’elle ne se sente pas seule là-dedans, qu’elle voit qu’on croit en elle », affirme Mérédith L’Italien.
« Tout au long de sa vie, elle a été un pilier pour de nombreuses personnes. Elle a fait du ménage dans des résidences privées, accompagné des personnes âgées à leurs rendez-vous, préparé des repas pour ceux dans le besoin et, plus encore. [..] Aujourd’hui, c’est elle qui a besoin de notre aide », peut-on lire sur la page Gofundme.
« Je me serais débrouillée par moi-même, mais je remercie ceux qui ont donné présentement. Ça touche énormément », affirme Mme Gagnon.
Comme elle, des dizaines de Québécois doivent se rendre chaque année aux États-Unis pour recevoir cette radiothérapie. C’est pourquoi la famille interpelle le ministre de la Santé.
« Ce n’est pas tout le monde qui va avoir l’argent pour s’en aller à Philadelphie. Si la machine pouvait être ici, ça aiderait beaucoup de gens », constate la jeune femme de 20 ans.