Saint-André-de-Restigouche : certains puits à sec, des solutions à trouver
Publié le 2 avril 2026 à 16:24, modifié le 7 avril 2026 à 17:18
Par: Pierre-Marie Nicolas
Plusieurs résidents de Saint-André-de-Restigouche, petit village d’environ 150 habitants dans la vallée de la Matapédia, vivent sans eau courante depuis plusieurs semaines. La municipalité a investi 2 000 dollars pour distribuer de l’eau aux foyers touchés.
Des puits à sec pour six à huit foyers
Dans ce village, chaque résident dépend de son propre puits. Or, pour six à huit foyers, les puits sont complètement ou partiellement taris. Certains vivent sans eau courante depuis plus d’un mois, et pour d’autres, le problème remonte à l’automne dernier.
Le maire Jean-Paul Landry reconnaît la situation, mais tient à la nuancer. « Il y a à peu près six à huit résidents. Mais il y en a qui ont de l’eau un peu, d’autres qui n’en ont pas du tout », explique-t-il, qualifiant la crise d’« ouragan dans un verre d’eau ».
L’accès à la salle communautaire refusé
Des citoyens réclamaient un accès aux douches et aux laveuses de la salle communautaire, mais le maire a refusé par crainte de vider les réserves du bâtiment municipal. « Si on manque d’eau, on ne sera plus capable de travailler selon la CNESST non plus. Donc le bureau municipal va être fermé », justifie-t-il.
En attendant, certains résidents se tournent vers des sources d’eau naturelles dont la qualité n’a pas été testée par les autorités.
Peu d’aide concrète malgré une rencontre gouvernementale
Une rencontre réunissant plusieurs partenaires gouvernementaux a eu lieu la semaine dernière. La Santé publique a conseillé au maire de sécuriser ses réserves, mais aucune aide concrète n’a suivi faute de ressources. Les réserves de la municipalité voisine de Matapédia sont elles aussi très basses.
Le maire mise sur le dégel printanier et estime qu’ensuite, ce sera aux propriétaires de se faire creuser un puits ou de trouver d’autres solutions. « La municipalité, on n’a pas d’aqueduc, nous ne sommes pas responsables, mais on peut aider temporairement », résume-t-il.
Un aqueduc, solution irréaliste ?
Une résidente, qui préfère garder l’anonymat, souhaiterait l’implantation d’un réseau d’aqueduc pour le village : « On paye des taxes pour entretenir des chemins qui vont dans les rangs et puis c’est correct, c’est ça une communauté. C’est de vivre ensemble et s’entraider. Mais là je pense que c’est à notre tour d’avoir besoin d’aide. »
Pour une municipalité de cette taille, le projet semble toutefois difficilement envisageable financièrement. Les taxes sont déjà jugées élevées par les résidents, et le coût d’un aqueduc pour desservir le village serait considérable.
Un enjeu qui dépasse le village
Cette résidente s’inquiète aussi pour les nouveaux arrivants, moins habitués à la gestion d’un puits et aux comportements de conservation de l’eau qu’elle nécessite.
Le problème dépasse d’ailleurs Saint-André-de-Restigouche. Selon le maire, les niveaux d’eau sont bas dans plusieurs municipalités du secteur — un enjeu qui risque de se répéter avec les prochaines sécheresses.