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Vitesse au volant: il revit le même cauchemar 30 ans plus tard

Publié le 28 novembre 2025 à 07:53, modifié le 30 novembre 2025 à 20:52

Par: Patrick Giguère

Un père de famille de Caplan a vécu un véritable cauchemar au cours des derniers jours. Sa fille de 17 ans a été gravement blessée dans un accident de la route.  Il y a trente ans, son frère subissait le même sort. Aujourd’hui il veut sensibiliser les jeunes aux dangers reliés à la vitesse. le cauchemar quand sa fille de 17 ans a été victime d’une sortie de route causée par la vitesse.

« Je n’en ai pas encore perdu d’enfant, pis je ne veux pas vivre ça. »

Vincent Maltais a eu tout un réveil brutal vendredi passé lorsqu’il a reçu, en pleine nuit, un appel l’informant que sa fille Alysson venait d’être impliquée dans un accident de la route, à Port-Daniel.

« Je ne suis pas expert. Je suis allé voir les lieux de l’accident pis il ne suivait pas la limite. La Sûreté du Québec est d’accord avec moi. C’est une sortie de route avec excès de vitesse », avance-t-il.

L’adolescente a subi une fracture du bassin, un affaissement des poumons, une lacération au foie ainsi qu’un traumatisme craniocérébral.

« Ils l’ont recousue. Ils ont mis trente points de suture au niveau des fesses. Quand ça a frappé, ça a soulevé la peau des fesses et du bas du dos, et ça a remonté comme un gant. »

Le père de quatre enfants a eu un sentiment de déjà-vu en se rendant au chevet de sa fille, aux soins intensifs de l’hôpital de l’Enfant-Jésus.

Alysson était hospitalisée dans la même chambre où son oncle avait séjourné trente ans plus tôt. Ce dernier avait été victime d’une violente embardée qui l’avait laissé dans un état végétatif pendant dix ans, avant de s’éteindre des suites de complications liées à une pneumonie.

« On le voyait à l’autre bout, complètement à l’opposé des portes. On voyait ma mère et Simon. Quand je suis allé vers Alysson, ça a fait un déclic : j’ai revu l’image. Il était exactement au même endroit… »

À la suite de cet épisode marquant pour sa famille, Vincent Maltais n’a jamais hésité à sensibiliser ses enfants et leurs compagnons de vie pour leur passer un message.

«  Je leur parle, je leur dit, je leur montre des photos de mon frère.»

La jeune fille, qui se trouvait à l’arrière de la Honda Civic conduite par son petit ami, est maintenant sous les soins du personnel médical de Maria.

« Elle parle. Tout ce qui concerne la tête est correct, sauf son TCC mineur — c’est vraiment léger. (…) Quand on l’assoit, sa tête tourne : elle fait des chutes de tension, des crises d’anxiété et des crises d’angoisse. »

Il lance se message aux conducteurs téméraires:

«J’ai roulé vite et je suis encore là. C’est vraiment le manque d’expérience, l’insouciance, être déconnecté de la réalité. La mort, ce n’est rien. Si ma mère était vivante, elle pourrait vous en parler : dix ans de coma à s’occuper d’un enfant devenu un légume, c’est pire que la mort… »

Vincent Maltais souhaite maintenant que son message en fasse réfléchir certains et que son gendre puisse en tirer des leçons.

Aucune accusation criminelle n’a été déposée contre le conducteur au moment d’écrire ces lignes alors que l’enquête se poursuit.

D’après le porte-parole de la SQ Frédéric Deshaies, la thèse des capacités affaiblies par l’alcool ou la drogue a toutefois été écartée.