Relance minière: Murdochville cherche un courant financier
Publié le 23 mars 2026 à 14:36, modifié le 23 mars 2026 à 14:36
Par: Patrick Giguère
Murdochville a peut-être du cuivre plein son sous-sol, mais ses coffres municipaux ne sont pas aussi conducteurs de richesse. Aux prises avec des ressources financières limitées, la Ville, qui compte quelques centaines d’habitants, fait face à un défi de taille pour bien se préparer au retour des activités minières sur son territoire.
Dans ce contexte, l’administration municipale souhaite obtenir un appui financier afin de répondre aux besoins engendrés par cette relance économique.
Même si elle n’a pas encore déboursé de sommes considérables pour obtenir l’avis d’experts et brosser un portrait des étapes à franchir avant le début des opérations, elle aimerait justement recevoir du financement pour le faire et se préparer adéquatement.
Pendant une bonne quarantaine d’années, Murdochville roulait sur l’or grâce à sa mine et sa fonderie. Mais depuis leur fermeture, au tournant des années 2000, la richesse financière de la Ville a fortement diminué, tout comme sa population.
Les infrastructures sont restées les mêmes.
Avec la relance possible de Mines Gaspé dans les prochaines années, la municipalité doit dès maintenant trouver les solutions nécessaires pour accueillir ce retour industriel.
« On se prépare, et la MRC nous appuie. Évidemment, si nous avions plus de moyens financiers, nous pourrions nous préparer davantage. Cela concerne les infrastructures municipales : l’eau, les égouts, l’usine d’épuration, ainsi que les rues. », indique le maire, Stéphane Gamache.
Un chantier d’envergure estimé entre 40 et 50 millions de dollars, selon l’élu.
« Il existe des programmes gouvernementaux qui en défraient une partie, mais même si nous pouvions en couvrir 30 ou 40 %, nous ne serions pas capables d’assumer le reste avec le nombre de citoyens et de payeurs de taxes que nous avons actuellement. »
De plus, avoir accès à des programmes financiers permettraient à la petite équipe municipale de trois personnes de s’entourer d’experts en la matière.
« Avoir des consultants avec une expertise plus fine en urbanisme, ça permettrait aussi de mieux comprendre ce que représente le retour des activités minières et quelles sont les grandes étapes à venir », précise-t-il.
« Si on veut être accueilli par un milieu, il faut que ce milieu reçoive aussi des redevances dès le début du projet », plaide Jacques Demers, le président de la Fédération québécoises des municipalités (FQM).
Bien au fait de impacts collatéraux que cela peut engendrer, la FQM a soumis un mémoire dans le cadre du projet de loi 5, pour réclamer des versements de redevances dès les premières étapes d’un projet d’envergure nationale.
« Une fois qu’on dit que le projet va avoir lieu, il faut avoir des garanties. Sinon, la municipalité pourrait mettre beaucoup d’argent et, finalement, ne pas percevoir de redevances si le projet n’aboutit pas. Le jour où tout le monde est d’accord qu’il y aura un projet, il faut que l’argent vienne de ce côté-là. »
« Ce sont des métaux critiques et très importants. Les gouvernements veulent développer ces secteurs, et nous avons besoin d’un peu d’appui au niveau local pour que tout le monde puisse avancer de la meilleure façon possible », relate M. Gamache.
Stéphane Gamache compte sur les prochains gouvernements pour tenir compte de la situation des petites communautés.
« On va souhaiter que, lors des prochaines élections provinciales, les partis politiques pensent à nous et réfléchissent aux enjeux du retour des activités minières ici », termine-t-il.
Métaux Osisko espère commencer à récupérer le cuivre qui dort sous la ville au commencement de l’an 2030.