Redécoupage de la carte électorale québécoise : la Gaspésie pourrait, finalement, perdre un comté
Publié le 2 décembre 2025 à 15:00, modifié le 2 décembre 2025 à 17:31
Par: Louis-Philippe Morin
Alors qu’on croyait le dossier réglé, ou presque, la Cour d’appel demande à Québec de reprendre le processus de redécoupage de la carte électorale. La Gaspésie pourrait donc, finalement, perdre une circonscription. Des voix se sont rapidement élevées. Les élus régionaux ont réagi devant ce revirement majeur. Par contre, avant d’établir une stratégie, on veut se rencontrer… et évaluer les options… qui s’amenuisent et font craindre le pire en termes de représentativité.
On croyait que la Loi 59 mettrait la région à l’abri d’un redécoupage qui lui aurait fait perdre une circonscription aux prochaines élections. C’était sans compter sur les élus des Laurentides et du Centre-du-Québec qui ont reçu une bonne nouvelle : la Loi 59 est inconstitutionnelle…
« Le gouvernement, tous les partis, l’Assemblée nationale au complet avaient quand même pris l’orientation de mettre un hold là-dessus, de prendre une pause. Le temps de réfléchir aux prochaines règles. », lance le préfet de la MRC Bonaventure, Éric Dubé.
Le jugement de la Cour d’appel exige que la Commission de la représentation électorale se remette au travail… et la Commission a bien entendu le message puisque mardi, en fin de journée, celle-ci a déposé sa proposition de carte révisée. Effectivement, sur celle-ci, la Gaspésie perd une circonscription… Les élus ont donc 5 jours pour débattre de la chose à l’Assemblée nationale.
« Puisque là, les appelants ont remporté avec ce jugement-là… C’est encore possible aujourd’hui que, dans la carte révisée, les comtés demeurent en Gaspésie. », ajoute son collègue de la MRC Avignon, Mathieu Lapointe.
Le gouvernement pourrait aussi décider de faire de la Gaspésie une région d’exception, à l’instar des Îles-de-la-Madeleine. Ainsi, la Gaspésie se soustrairait aux exigences en matière de citoyens par député, selon la loi électorale…
« Nous, ça à peu près la seule option qui nous reste. C’est sûr qu’on va la plaider. Faut qu’on comprenne que tout ça vient de tomber et la stratégie n’est pas faite. L’ensemble des préfets, on va se rencontrer dans les prochains jours pour faire le point. », estime monsieur Dubé.
Sur le terrain, la Cour d’appel ne s’est pas fait d’amis au cours des dernières heures.
« Je trouve ça très inquiétant. On a besoin d’être représenté, il y a des enjeux qu’on a ici qu’ils n’ont pas ailleurs au Québec… Surtout pas dans les grands centres. Eux, proportionnellement, ils sont mieux représentés. Nous on a une grande circonscription. », croit cette dame.
« On en a déjà perdu en Gaspésie… C’est certain que ce n’est pas pour le mieux. », rappelle cet homme, se souvenant du fait que la Gaspésie a perdu un comté aux dernières élections fédérales.
Il reste encore du temps pour que Québec réagisse et révise sa loi électorale. Par contre, devant l’immobilisme, l’avenir s’assombrit.
« Si ce principe-là n’est pas revu… Un jour, on aura un comté qui va partir de Lévis et qui va aller jusqu’à Gaspé. », conclue monsieur Dubé.