Projets éoliens : la région appelle à acheter local
Publié le 19 novembre 2025 à 16:52, modifié le 19 novembre 2025 à 17:00
Par: Eva Thomas
L’annonce d’un projet éolien de 1500 mégawatts dans le Bas-Saint-Laurent relance le débat entourant la provenance des composantes éoliennes. Pour des élus locaux, l’absence d’exigence de contenu québécois ne passe pas.
« 8500 mégawatts, quand on prend la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent, Chaudières-Appalaches », discours de François Legault, premier ministre québécois.
Le vent risque de souffler dans l’Est-du-Québec dans les prochaines années, mais les retombées économiques qui pourraient naître de ces futurs parcs éoliens vont-elles profiter à ces territoires ?
« Cela va être des éoliennes qui sont faites dans la région. » – discours de François Legault, premier ministre québécois.
Les paroles sont positives, mais les élus de la région ne sont pas rassurés, car aucune exigence relative au contenu éolien québécois n’a été annoncée mardi par François Legault.
« Entre cette prise de parole là et les actions concrètes gouvernementales qui vont faire en sorte que les pales soient produites au Québec, il reste de la marge. » – Daniel Côté, maire de la Ville de Gaspé
« Autrefois, on avait toujours du contenu québécois. C’est ce que voulait Bernard Landry comme Premier ministre du Québec. Là, le gouvernement de la CAQ change les règles. »- Pascal Bérubé, député péquiste de la Matane-Matapédia.
« Je suis un petit peu tanné de voir des pales d’éoliennes nous passer au visage, importées de la Chine, pendant qu’ici, on a une usine qui produit des pales. » – Daniel Côté, maire de la Ville de Gaspé
En Gaspésie, l’entreprise LM Wind Power est un acteur économique majeur.
« C’est plus de 500 emplois. C’est le plus gros employeur privé de la Gaspésie. Présentement, il dépend d’un marché américain, alors que l’on aura du marché québécois, mais on n’a pas de garantit, mise à part la parole du premier ministre. » – Daniel Côté, maire de la Ville de Gaspé
Mais alors qu’est-ce qui empêche le gouvernement de s’approvisionner localement ?
« Il y a une question de coûts, mais aussi une question de règles commerciales, internationales qui empêchent le gouvernement du Québec d’imposer un contenu totalement local. » – Daniel Côté, maire de la Ville de Gaspé
Autre bémol, la pression concurrentielle dans l’industrie.
« General Electric vend des pales uniquement à des turbines GE. Dans les dernières années au Québec, toutes les turbines venaient d’autres compagnies. » – Daniel Côté, maire de la Ville de Gaspé
« Ce que l’on souhaiterait, c’est que GE, le propriétaire de l’usine à Gaspé, veuille réintégrer le marché québécois. » – Michel Lagacé, président de l’Alliance de l’énergie de l’Est
Si le premier ministre dit vouloir encourager la production locale, les engagements concrets se font attendre.