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Proches aidants : une « rémunération » insuffisante

Publié le 6 février 2026 à 15:39, modifié le 6 février 2026 à 15:39

Par: Jean-Baptiste Leveque

Les proches aidants sont davantage reconnus et indemnisés. Québec annonçait la semaine dernière un investissement de 107 millions de dollars pour alléger le fardeau de ceux qui prennent soin de leurs proches. Mais les premiers concernés estiment que l’impact sera minime.

Odrée Martin aime se promener avec sa famille au parc des Berges, à Clermont. C’est l’un des rares lieux publics sécuritaires pour sa fille autiste.

« On essaie de se tenir loin des grandes artères, je vous donne un exemple : le parc à La Malbaie est directement sur la grande route. Ben moi, si ma fille fait une fugue, puis que je me suis tournée la tête trois secondes pour aider mon fils par exemple, ben il est déjà trop tard », illustre la mère de famille.

Entre son travail et les besoins particuliers de sa fille, la proche aidante peine à trouver l’équilibre.

« Ce qu’on nous demande déjà dans notre ère, c’est par exemple d’être mère travailleuse à temps plein, de s’occuper de nos enfants, d’être des bons parents, tu sais d’être impliqués envers nos enfants, puis là quand tu rajoutes le rôle de proche aidance, c’est comme : il n’y a plus de temps dans la journée », constate-t-elle.

L’aide de Québec pour le soutien à domicile est considérée comme un bon pas en avant par le milieu, mais est-elle suffisante?

Renée-Claude Laroche, intervenante auprès des proches aidants au Centre d’action bénévole de Charlevoix, estime que non. « Enfin, c’est une reconnaissance officielle du rôle des personnes proches aidantes, mais ça ne représente pas du tout l’ampleur de la tâche réalisée par les personnes proches aidantes », affirme-t-elle.

L’annonce d’une rémunération en a fait sursauter plus d’un. Elle passe de 20 à 21 $ de l’heure et ne compenserait au maximum qu’une vingtaine d’heures par semaine.

Mme Laroche croit que « ça devient un plus, c’est certain. C’est une allocation financière qu’ils n’avaient pas droit avant, mais ça ne remplacera jamais un salaire », précise-t-elle toutefois.

Odrée Martin doit régulièrement s’absenter du travail pour les besoins de sa fille. Elle croit que le gouvernement devrait aussi agir dans les milieux de travail.

« Est-ce que ça peut permettre à un proche aidant qui travaille à temps plein par exemple de se retirer du travail une journée par semaine avec des accommodements de l’employeur? Je ne sais pas », admet-elle.

Québec souhaite investir également dans les services à domicile. Renée-Claude Laroche note qu’actuellement l’accès aux ressources reste limité, surtout en région.