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Prévention du suicide: la santé publique met l’accent sur l’écoute et le dialogue

Publié le 4 février 2026 à 22:53, modifié le 5 février 2026 à 06:42

Par: Patrick Giguère

Malgré les campagnes de prévention, le taux de suicide en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine reste légèrement supérieur à la moyenne provinciale. À l’occasion de la Semaine de prévention du suicide, qui se déroule jusqu’au 7 février, le CISSS de la Gaspésie met l’accent sur l’écoute , le dialogue et l’entraide.

Selon les plus récents chiffres de l’Institut national de santé publique, le taux de suicide en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine s’établissait en 2024 à 11,8 pour 100 000 habitants, comparativement à 10,7 pour 100 000 à l’échelle provinciale.

« La tendance des vingt dernières années est à la baisse. Toutefois, je tiens à souligner qu’il ne faut pas relâcher nos efforts et qu’il faut continuer à tendre la main aux personnes en détresse », indique Nancy Gédéon, agente de planification, programmation et recherche à la Direction de santé publique Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine.

En 2024, 11 personnes se sont enlevé la vie dans la région, comparativement à 14 en 2023.

Du côté des hospitalisations, 44 personnes ont été admises à la suite d’une tentative de suicide, tandis que 337 personnes se sont présentées à l’urgence en 2025 avec des idées suicidaires.

« On a observé un taux légèrement supérieur à celui du reste du Québec en ce qui concerne les tentatives de suicide chez les jeunes filles de 15 à 19 ans. Comment l’expliquer ? C’est probablement lié au manque de ressources, et les intervenants ne se sentent pas toujours bien outillés pour offrir l’aide nécessaire, notamment pour orienter vers l’hôpital, qui est l’option la plus sécuritaire », poursuit-elle.

Les hommes sont les plus susceptibles de passer à l’acte.

« Le groupe d’âge des hommes qui décède le plus par suicide, ce sont vraiment les 50-64 ans. Il y a beaucoup d’efforts qui sont mis en place auprès de l’intervention pour les hommes à ce niveau-là. »

« Il y a une semaine dédiée à ça dans l’année, mais la prévention se fait vraiment tout au long de l’année, 365 jours par année, et c’est une priorité chez Nouveau Regard », rappelle Audrée Dubé, intervenante sociale à l’organisme qui a pour objectif de soutenir les proches de personnes présentant un trouble de santé mentale.

Cet organisme, basé à New Richmond, a semé le bonheur au sein de la population cette semaine en distribuant quelque 400 sacs, chacun accompagné d’un mot positif écrit à la main, ainsi que des chocolats.

« Le but s’était vraiment de mettre le sourire sur lèvres des gens et je te dirais que ça été mission accomplie », se réjouit Mme Dubé.

Les deux intervenantes rappellent l’importante de ne pas hésiter à aller chercher de l’aide en cas de besoin.

« C’est certain qu’il y a des sujets qui peuvent faire peur, mais c’est important de passer par-dessus de ces tabous et de ne pas hésiter à en parler et ne pas hésiter et qu’il y a des ressources de disponibles », répète Mme Dubé.

« Je crois aussi qu’il est important de partager cette responsabilité en prévention du suicide : tout le monde peut jouer un rôle auprès d’un voisin, d’un proche ou d’un ami », mentionne Nancy Gédéon.

Rappelons aussi que la Ligne de prévention du suicide, le 1866 APPELLE, est accessible en tout, de jour comme de nuit, et que chaque tempête finit par laisser place au soleil.