Pêche blanche : l’éperlan attire sur la banquise
Publié le 8 janvier 2026 à 16:24, modifié le 8 janvier 2026 à 16:24
Par: Pierre-Marie Nicolas
La saison de la pêche blanche est lancée dans la Baie des Chaleurs. Une tradition hivernale où l’essentiel n’est pas tant la prise, mais bien le moment partagé sur la glace.
Ce matin, ils étaient nombreux à venir tenter leur chance sur la banquise à Pointe-à-la-Garde. Avec ou sans cabane, les pêcheurs d’éperlans s’y installent pour de longues heures, lignes à l’eau, venus profiter de cette banquise bien connue des amateurs.
« Les gens font de belles pêches. Les gens viennent ici pour l’activité, pour le plaisir d’être dehors. Ils viennent ici, s’ils en prennent dix, ils vont être heureux. Quand t’as mangé une dizaine d’éperlans, ton dîner est fait », explique le maire de la municipalité d’Escuminac.
Les habitués viennent parfois de loin pour poser leurs lignes et tenter leur chance d’attraper une prise pour le repas.
« On aime ça, on a toujours fait ça tous les hivers. Habituellement, on pêche à Gaspé et il n’y en a pas comme ici. Là, on est venus faire des trous pour ramener un repas », raconte un pêcheur.
D’autres habitués ne se découragent pas pour autant, même quand la chance n’est pas au rendez-vous.
« On n’a rien attrapé la dernière fois. L’hiver passé, on est venus cinq fois et on n’a pas attrapé un seul éperlan. Mais c’est le fun en maudit, et quand on en attrape, c’est excellent », confie un amateur.
Mais cette activité ne se fait pas sans règles. Outre la limite de 120 éperlans par jour et par personne, la sécurité est une part importante dans la pratique de la pêche blanche, comme le rappelle la municipalité d’Escuminac.
« Avec les privilèges viennent les responsabilités. Les gens ont le privilège de venir à la pêche, ils ont la responsabilité d’assurer leur sécurité. C’est rare que l’on ait des problèmes. Ça n’arrive pratiquement pas. C’est déjà arrivé à une certaine époque. C’était avec des privés qui faisaient embarquer des gens sur la banquise en leur disant que tout était bon, mais ça ne l’était pas », souligne le maire.
Une fois la sécurité assurée et les horaires de marées vérifiés, place aux techniques et aux petits secrets bien gardés. Car dans le monde de la pêche, certaines astuces se transmettent rarement au grand jour.
« Ça prend quelque chose pour percer des trous et ça prend de la bouette. Mais la recette de la bouette, vous la trouverez vous-même », lance un pêcheur avec humour.
Le maire d’Escuminac souhaite, dans les années à venir, mieux structurer l’activité à Pointe-à-la-Garde pour garantir l’accès à la ressource. L’année dernière, le manque de poisson s’est fait ressentir chez les amateurs.