Massothérapeute accusé d’agressions sexuelles : requête rejetée pour le retrait de ses plaidoyers de culpabilité
Publié le 23 mars 2026 à 16:54, modifié le 24 mars 2026 à 08:06
Par: Catherine Pellerin
La juge a rejeté la requête de ce massothérapeute, qui demandait que son plaidoyer de culpabilité soit retiré. Steeve Pellerin, qui avait plaidé coupable d’agressions sexuelles en février 2025, avait reconnu avoir fait 13 victimes au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord.
Au moment de recevoir sa peine en septembre dernier, l’accusé a toutefois réclamé un procès, alléguant une assistance inefficace de son avocat et qu’une entité maléfique avait pris le contrôle de son corps pendant 19 ans.
« Avec l’écoulement du temps, sa mémoire revient. Malgré son empathie pour les victimes, il demande la tenue d’un procès. Il soutient ne pas avoir eu le contrôle de son corps et n’avoir eu aucunement l’intention d’agresser sexuellement qui que ce soit », peut-on lire dans le document de 9 pages.
Après analyse, la juge qualifie cependant sa décision de « volontaire, claire, non équivoque, informée et éclairée ».
L’avocat de l’accusé a assuré par ailleurs qu’en aucun moment, il n’a fait pression sur l’accusé, qui agit librement et volontairement.
« L’exposé conjoint des faits laisse également croire que les plaidoyers sont volontaires. […] Cet exposé très explicite cible les dates, les périodes temporelles et les faits reprochés. Il est lu, relu et expliqué à l’accusé avant et lors de l’audience. En aucun temps, il ne soulève une irrégularité ou ne change d’avis en présence du juge », mentionne Luce Kennedy.
De nombreuses versions « invraisemblables, voire même farfelues »
« Aujourd’hui, sa mémoire revient, il veut donner sa version. Ses nombreuses versions sont invraisemblables, voire même farfelues. Il n’est pas crédible ni fiable. Le Tribunal conclut que le 14 février 2025, l’accusé prend la décision longuement réfléchie, qui lui convient », explique-t-elle.
« Il mentionne qu’une entité maléfique a pris possession de son corps, qu’il ne contrôlait plus. Cependant, il veut expliquer les gestes qu’elle pose à sa place, c’est invraisemblable et surtout contradictoire. Comme le mentionnent les psychiatres, ainsi que le sexologue, il s’agit beaucoup plus d’une tentative de déresponsabilisation puisque ses explications sont peu convaincantes », estime la juge.
Il est également invoqué qu’entre « le 14 février 2025 et le jour des observations sur la peine, sept mois s’écoulent. Jamais il ne retire le mandat à son avocat. Il collabore à la confection du rapport présentenciel et de l’évaluation sexologique ».
« La preuve démontre qu’en plaidant coupable, il comprend et admet les faits. Sa décision n’est pas prise à la hâte ou à la légère. Il bénéficie de deux ans de réflexion entre la comparution initiale et l’enregistrement des plaidoyers. Tout lui est lu et relu. Il reconnait sa signature et répond sans hésitation aux questions du juge. Il admet avoir commis les gestes et les faits évoqués dans l’exposé conjoint et n’avoir subi aucune pression ni menace » – extrait du jugement.
« Aujourd’hui, il veut défendre les gestes commis par l’entité maléfique […] et donner sa version de l’histoire. Il veut également expliquer dans quelles circonstances un massage de fesses donné par une entité maléfique, n’est pas une agression sexuelle. Ça n’a aucun sens », écrit également la juge.
À la toute fin de son jugement, Luce Kennedy affirme que « les propos de l’accusé, ses versions contradictoires et l’invraisemblance de sa défense laissent le Tribunal pantois ».
Sentence attendue
L’ex-massothérapeute a été arrêté en mars 2023, à la suite de deux plaintes dans la région de Rivière-du-Loup. La Sûreté du Québec avait des raison de croire qu’il avait fait d’autres victimes au Québec. 11 autres clientes l’ont ensuite dénoncé, après son arrestation.
Il a commis des agressions à Rivière-du-Loup, Notre-Dame-du-Portage, Baie-Comeau et Sept-Îles. Les gestes ont été posés chez lui, à la résidence de ses clientes ou dans des établissements d’hébergement.
Steeve Pellerin sera de retour au palais de justice de Rivière-du-Loup le 9 avril, pour l’étape de la peine.