Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Alerte info

Treize ans de pénitencier pour Simon Dufort-Chouinard. Le jeune homme a plaidé coupable jeudi à deux chefs d’homicide involontaire et à un chef de conduite dangereuse pour la collision qui a coûté la vie à Gabriel Noël et Dylan Samuel-Francoeur, en mai 2023 à Rivière-au-Renard.

Nouvelles

Maltraitance envers des aînés : Isabelle D’Anjou évite la prison

Publié le 2 avril 2026 à 17:19, modifié le 2 avril 2026 à 18:40

Par: Catherine Pellerin

L’ancienne gestionnaire d’une résidence pour aînés de Saint-Philippe-de-Néri, au Kamouraska, a reçu ce jeudi sa sentence au palais de justice de Rivière-du-Loup.  Isabelle D’Anjou, qui a plaidé coupable de voies de fait sur des aînés vulnérables, écope de 15 mois à purger dans la collectivité.

D’anciens employés de la RPA et des familles de victimes se sont dits en colère et profondément déçus qu’elle évite la prison. Présents dans la salle d’audience, tous ont quitté avant même que le juge termine de prononcer la sentence.

« De la colère, de l’incompréhension, de l’injustice. Il n’y a pas de justice qui a été faite. Ces pauvres personnes-là ne sont pas ici pour se représenter elles-mêmes », a réagi l’ex-employée Félicia Lizotte. « C’est déjà son rythme de vie de rester à la maison, ça n’apportera aucune conséquence à sa vie, à ses habitudes ».

« Je suis sans mots, abasourdie… extrêmement déçue et fâchée », a ajouté Annie Albert, la fille d’une victime, visiblement bouleversée.

Des gestes violents envers des aînés vulnérables

En juin 2025, l’accusée avait admis avoir commis des voies de fait sur trois septuagénaires souffrant de troubles cognitifs, alors qu’elle était responsable de la résidence pour personnes âgées.

Isabelle d’Anjou a forcé une résidente de 73 ans, qui était en crise, à s’asseoir, en lui cognant la tête contre un mur pour lui administrer une pilule de force.

Elle a traîné une autre dame à l’extérieur en la tenant par son pyjama, alors que celle-ci tentait de quitter la résidence. La victime est tombée dans un banc de neige, puis a été maintenue au sol par les poignets avant d’être relevée brutalement par le pantalon. Des ecchymoses ont été constatées.

Le père d’Annie et de Marie-Josée Albert, aujourd’hui âgé de 76 ans, a été pour sa part frappé et plaqué par terre par l’accusée. Sa chemise a été déchirée, dans cette violente altercation.

Dans les trois cas, aucun rapport n’a été rédigé au CISSS du Bas-Saint-Laurent.

« Cet événement-là a été une tragédie dans la famille », a confié Marie-Josée Albert.

« Ça n’a pas de sens qu’elle évite la prison, avec l’intensité et la gravité des gestes commis. Le message que ça envoie aujourd’hui, c’est que les victimes ne sont pas prises en considération », mentionne Félicia Lizotte.

L’avocat de la défense demandait une sentence de 9 mois à purger dans la collectivité, tandis que la Couronne réclamait 6 mois de détention ferme.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Manon Gaudreault, reconnaît la déception des proches. « Ces gens-là ont vécu des choses qui leur ont fait très mal et ils souhaitaient voir cette dame-là en prison. Il y a une certaine déception, que je partage », a-t-elle indiqué.

Plusieurs demeurent aussi choqués qu’Isabelle D’Anjou s’en soit tirée en plaidant coupable à trois accusations de voies de faits simples. Un chef d’agression sexuelle a été retiré lors du plaidoyer de culpabilité.

« On sait vraiment beaucoup plus de choses que ce qui est sorti. Pour moi, c’est comme si aujourd’hui elle avait 3% de conséquences de ce qui est vraiment arrivé », déplore Annie Albert.

Facteurs retenus par le tribunal

Le juge Yves Desaulniers a notamment pris en compte l’absence d’antécédents judiciaires de la femme de 52 ans, son plaidoyer de culpabilité et le fait qu’elle occupe maintenant un emploi dans un organisme d’aide alimentaire.

Le juge assure avoir tenu compte aussi de la position d’autorité qu’occupait l’accusée, la vulnérabilité des victimes et les graves conséquences des gestes posés.

Isabelle D’Anjou devra respecter plusieurs conditions strictes durant sa détention dans la collectivité, en plus d’une probation de 3 ans. Il lui sera interdit, notamment d’occuper un emploi qui la place en situation d’autorité à l’égard d’une clientèle avec un handicap physique, intellectuel ou neurologique.

Malgré la sentence rendue, plusieurs proches des victimes disent avoir de la difficulté à tourner la page.

« Je ne peux pas concevoir que ça va arrêter là… ce n’est pas qu’on veut s’acharner, mais dans les circonstances, c’est plus que décevant », a affirmé Annie Albert.

« S’il y a quelque chose, ça me régénère une colère encore plus grande », conclut sa sœur.

La Résidence Marquis, où se sont déroulés les événements, a fermé ses portes en avril 2024, quelques mois avant l’arrestation d’Isabelle D’Anjou.