L’outil développé par un chercheur louperivois bientôt étendu à d’autres cancers
Publié le 16 octobre 2025 à 16:23, modifié le 16 octobre 2025 à 16:23
Par: Charles Boisvert
L’invention médicale d’un chercheur louperivois franchit une nouvelle étape. Frédéric Leblond, qui travaille à Montréal, a développé un outil pour détecter des cellules cancéreuses au cerveau grâce à l’intelligence artificielle. La technologie pourrait bientôt être utilisée pour d’autres cancers.
Dix ans de travail se cachent derrière ce crayon intelligent. Frédéric Leblond a développé un outil qui permet de détecter des tumeurs au cerveau. L’objectif : retirer toutes les cellules cancéreuses lors d’une chirurgie pour éviter une récidive.
« Donner un instrument qui, en quelques secondes, vient identifier ces résidus de cancer-là, afin d’assurer qu’on peut tout enlever, mais aussi qu’on le fait de façon sécuritaire », explique Frédéric Leblond, chef de l’innovation chez Reveal.
L’outil, baptisé SENTRY, est assez facile à utiliser pour un chirurgien.
« Il prend le crayon. Il va le déposer à la surface du tissu. Deux secondes plus tard, ça dit “cancer ou normal”. Il peut le faire de façon répétée sur une surface à plusieurs endroits. Il peut le faire jusqu’à 100 fois durant une chirurgie s’il veut », détaille le chercheur. « On a développé cet outil-là, de manière à ce que ce soit une aide à la décision, et non pas un outil pour remplacer le chirurgien ».
Devant le ministre
Une démonstration a d’ailleurs été réalisée récemment devant le ministre de la Santé, Christian Dubé.
« De voir l’usage réel, non dangereux, de l’IA dans un contexte chirurgical, qui est honnêtement une première mondiale, ça l’a beaucoup impressionné », souligne Frédéric Leblond.
On parle ici d’une véritable révolution en oncologie.
« On voit les tumeurs jusqu’à un endroit où il n’y a aucune autre méthode qui est capable de les détecter. D’avoir réglé tous les problèmes pratico-pratiques qui permettent l’usage d’un outil sophistiqué, basé sur la photonique durant une chirurgie, de façon en quelques secondes à prévoir s’il y a du cancer ou pas à l’endroit où on regarde, ça, c’est une première », mentionne-t-il.
Pour l’instant, SENTRY détecte uniquement les cancers du cerveau. Par contre, des études cliniques sont en cours pour développer la technologie contre d’autres types de cancers.
Patients testés
Elle est utilisée sur environ cinq patients chaque semaine, pour des cancers colorectal, du sein et du foie. Les résultats sont probants.
« On est vraiment en train de développer une plateforme de données qui nous permettrait d’entraîner Sentry à traiter des cancers dans plusieurs pathologies », précise le chercheur.
Avant la commercialisation à l’international de l’outil en neurochirurgie, il ne manque qu’une seule étape : l’approbation réglementaire de Santé Canada, de la FDA aux États-Unis et des autres instances mondiales. Si tout se passe bien, les chirurgiens dans les hôpitaux du Québec pourront l’utiliser dès 2027.
Pour ce qui est du cancer du sein, Frédéric Leblond vise début 2028.