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L’intimidation, il faut s’en occuper !

Publié le 16 février 2022 à 18:13, modifié le 16 février 2022 à 18:25

Par: Nathalie Des Groseilliers

L’histoire d’Ania-Claude que nous vous avons présentée hier a suscité une vague de compassion et de témoignages. L’intimidation vécue par la jeune fille n’est pas un cas isolé. Les commentaires reçus nous indiquent que plusieurs élèves vivent de l’intimidation dans nos écoles. Pourtant,  le phénomène est connu et de nombreux intervenants sont bien formés pour agir adéquatement.

Jasmin Roy a été intimidé dans sa jeunesse. Il y a une dizaine d’années, il a créé une Fondation pour aider les milieux à prévenir et à gérer adéquatement l’intimidation.

 » Une saine gestion, premièrement, c’est d’identifier l’intimidation depuis combien de temps que ça dure, parce que l’intimidation c’est des actes répétés. Après ça, on travaille avec la victime pour essayer de répondre à tous ses besoins parce que généralement à force de vivre de l’intimidation, on a des problèmes d’anxiété, ça peut dégénérer en santé mentale.  Il faut s’assurer qu’il y ait un accompagnement pour renforcer l’estime de soi de la victime. Après, avec l’agresseur, on travaille à part, où il y a évidemment un arrêt d’agir.  Il faut surtout mettre en place des mesures éducatives vers les bons comportements (…) Ç’a été très documenté, si on ne fait que punir un agresseur, on ne développe pas ses compétences relationnelles et ses compétences émotionnelles avec les autres. Ensuite il faut aussi travailler sur le groupe, parce que 9 fois sur 10, l’intimidation, les actes sont commis devant les autres. Donc, c’est très important de rappeler aux témoins qu’ils ont une part de responsabilité là-dedans « , explique Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy-Sophie Desmarais.

Pour Ania-Claude, cette élève de troisième qui a quitté son établissement scolaire parce qu’elle se faisait intimider, l’école ne l’a pas soutenue. Quand on lui demande quelles actions l’école a prises pour gérer son cas d’intimidation, elle nous répond : « Des médiations : avec la personne devant moi, avec moi puis une personne comme l’intervenant scolaire, une travailleuse sociale ou une médiatrice. Pis c’était des rencontres, pis on parlait. »

Selon Jasmin Roy, « on ne met jamais dans la même pièce une victime et un intimidateur. C’est comme si on plongeait un jeune, une jeune qui a été violée avec son agresseur dans la même pièce. C’est comparable. »

La mère de la jeune fille voyait bien que la situation ne se réglait pas.  » On a eu plusieurs rencontres téléphoniques. Moi, je ne dormais plus la nuit. Puis, y avait toujours une bonne raison pour intimider Ania-Claude. Elle se faisait dire n’importe quoi à longueur de jour. Moi, j’ai téléphoné souvent à la direction, puis ils essayaient de régler entre les deux personnes avec un médiateur, mais il n’y avait pas de conséquences », raconte la mère de l’adolescente.

En janvier dernier, la mère a été surprise de recevoir un appel du Centre de services scolaire lui demandant pourquoi sa fille faisait l’école à la maison.

Le président de la Fondation Jasmin Roy réagit fortement à cette information :  » Oh! Un instant. Si le Centre de services scolaire n’a pas été informé de la situation, l’école a contrevenu à la Loi contre l’intimidation, la violence et l’intimidation à l’école. C’est écrit dans la Loi que dans les 48 heures aussitôt qu’on a un diagnostic d’intimidation, le Centre de services doit être mis au courant. »

Le Centre de services scolaire René-Lévesque a encore refusé notre demande d’entrevue. La direction nous a répondu par courriel qu’aucune plainte n’avait été formulée de la part des parents. La mère de la jeune fille est outrée : « L’école ne nous a jamais avisés qu’il fallait faire une plainte au Centre de services, nous, on avait confiance en l’école. On croyait que c’était eux qui entreprenaient les démarches dans la situation d’intimidation d’Ania-Claude. »

Nathalie Motreff,  la directrice d’ÉquiJustice la comprend : « Chaque direction d’école se doit d’informer le parent pour aller chercher de l’aide. »

L’organisme ÉquiJustice Gaspésie a des intervenants formés pour appuyer les écoles de la région, mais toutes ne font pas appel à ses services.

 » Il y a quand même 10% des écoles qui ne collaborent pas avec nous disant qu’ils ont leurs propres intervenants dans leurs écoles et c’est correct aussi. (…) Sauf qu’ils auraient avantage à venir chercher de la collaboration des intervenants externes « , mentionne Mme Motreff.

Les intervenants qui travaillent adéquatement avec les jeunes croient en la capacité de nos écoles à être des milieux positifs et bienvaillants.