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Le coroner écarte la thèse criminelle dans deux décès en octobre

Publié le 25 mars 2026 à 18:09, modifié le 25 mars 2026 à 20:59

Par: Patrick Giguère

Un moment d’inattention fatal et une arme mal sécurisée ont coûté la vie à deux personnes en Gaspésie en octobre dernier, conclut le coroner, qui détermine que les décès sont accidentels.

Le premier événement malheureux remonte au 13 octobre dernier, dans un secteur forestier isolé de Murdochville.

Jocelyne Bourdages, la victime, est accompagnée d’un ami pour une partie de chasse à la perdrix.

En fin de journée, vers 17 h, le duo descend d’un véhicule utilitaire. C’est au moment où l’homme dépose au sol un fusil de calibre .410 que la décharge survient et atteint mortellement la chasseuse de 79 ans.

Malgré des manœuvres de réanimation entreprises dans les secondes suivantes, celles-ci demeurent infructueuses.

Ce n’est qu’après plusieurs heures de recherche en forêt que les intervenants d’urgence localisent la victime.

Selon le vice-président du Club de tir de la Baie-des-Chaleurs, cet incident aurait pu être évité.

« Moi, je n’en ai pas vu personnellement, mais je sais que ce sont des choses qui peuvent arriver. Donc, toute arme à feu que tu manipules et que tu déposes quelque part doit être déchargée. Ça reste un mécanisme, et un mécanisme, c’est comme une auto : tu ne sais jamais quand ça peut briser», indique Pierre Henry.

L’autopsie a confirmé la présence de plusieurs projectiles de type grenaille ayant atteint le thorax et les organes vitaux.

La Division des crimes majeurs de la Sûreté du Québec a rencontré l’homme, mais aucune poursuite criminelle n’a été intentée.

D’après l’ensemble des informations recueillies, le coroner conclut à une décharge accidentelle.

La distraction en cause 

Le second événement, ayant coûté la vie à Sébastien Carrier le 15 octobre, survient dans la municipalité de Matapédia.

Ce résident de 46 ans de Rimouski se trouvait dans la région pour le travail.

À l’approche d’une légère courbe, la fourgonnette conduite par la victime a circulé près de la ligne médiane et a percuté violemment un véhicule lourd transportant une pelle mécanique.

Selon les informations recueillies, aucune manœuvre n’a été observée de la part de la victime pour éviter la collision, alors que le camionneur a tenté de l’éviter en effectuant des manœuvres d’urgence.

Sous la force de l’impact, l’automobiliste a été éjecté de son véhicule, qui a ensuite pris feu.

Le conducteur portait sa ceinture de sécurité.

Les conditions météorologiques étaient favorables, note le coroner, qui conclut à un décès causé par un moment d’inattention.

« Si l’on regarde le dernier bilan annuel de la Sûreté du Québec, on attribue cela à 12,5 % des collisions. Toutefois, selon moi, ce chiffre est sous-estimé pour une raison très simple : les personnes impliquées dans une collision ne diront pas qu’elles étaient distraites. Elles diront plutôt : “Je ne l’ai pas vu.” À moins d’avoir des motifs particuliers, il y a peu de gens qui vont admettre qu’ils étaient sur leur cellulaire », nuance André Durocher, directeur de la Fondation CAA-Québec.

Selon l’enquête policière, aucune trace de freinage n’a été observée du côté du véhicule.

L’intervention d’un tiers ainsi que l’intention volontaire ont été écartées.

La présence de méthamphétamine dans le sang de la victime peut, sur le plan théorique, altérer la vigilance ou le jugement, mais le coroner n’a pu établir hors de tout doute que cette substance ait contribué au moment d’inattention à l’origine de la collision.