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Le Club Med Québec-Charlevoix dévoilé au grand jour

Publié le 20 novembre 2018 à 14:52, modifié le 21 novembre 2018 à 14:28

Par: Carl Vaillancourt

À deux ans de l’ouverture du complexe hôtelier à Petite-Rivière-Saint-François, la division Amérique du Nord du Club Med a présenté lundi les plans du projet évalué à 120 M$ qui deviendra la première montagne village quatre saisons de l’entreprise.

Que ce soit en France, en Suisse ou encore en Italie, jamais le Club Med n’a ouvert une montagne village quatre saisons.

Les particularités uniques de la région ne laissent aucun doute pour les dirigeants. Le Club Med Québec-Charlevoix est voué à un succès monstre.

Selon le directeur de projet Amérique du Nord de Club Med, David Meyer, le cachet unique de Charlevoix permet d’en faire une destination quatre saisons. L’établissement pourra même rester ouvert 320 jours par année.

« La richesse historique de la région, la richesse culturelle de la région et la richesse et l’authenticité des services qui sont offerts dans la région à longueur d’année vont permettre à notre clientèle d’en profiter», a-t-il expliqué.

Le complexe hôtelier fermera une période de 45 jours par année pour permettre des vacances aux employés en plus d’enclencher un ménage du printemps pour les installations hôtelières.

Une croissance de l’achalandage

Dès la première année d’exploitation, le Club Med prévoit 50 000 visiteurs. De ce nombre, on s’attend à la moitié qui proviennent des États-Unis ou du Canada, alors que l’autre moitié des visiteurs devraient être des Européens ainsi que des Brésiliens.

Il n’y a pas que le Club Med qui y trouve son compte. Propriétaire de la montagne, Groupe Le Massif, envisage une hausse d’achalandage sur les pentes de ski de 35% d’ici les deux prochaines années, soit d’ici la fin de 2021.

L’arrivée du géant hôtelier dans le secteur nécessitera toutefois des ajustements logistiques entre les deux partenaires. La direction de la station de ski Le Massif ne craint toutefois pas que cela puisse créer des irritants pour les usagers.

Selon le vice-président des opérations du Groupe Le Massif, Frédéric Sujobert, les horaires d’arrivée et de départ de la majeure partie des vacanciers prévus les samedis ne nuiront pas aux activités de la montagne.

« Ça ne viendra pas mettre une pression supplémentaire sur la montagne dans des périodes déjà d’achalandage élevé, mais ça va compléter l’achalandage notamment du lundi au vendredi», a-t-il expliqué.

Le jargon utilisé par les stations de ski fait référence au nombre de skieurs qui arpentent les pistes. Dorénavant, Groupe Le Massif entend compter le nombre d’usagers fréquentant le site qu’ils soient skieurs ou non.

On espère attirer pas mois de 580 000 usagers sur la montagne pour l’année dans un horizon de 24 à 30 mois après l’ouverture du Club Med.

Des retombées économiques majeures

Le projet évalué à 120 M$ sera financé à 70% par le secteur privé, alors que 30% du montage financier provient de prêts à échéance accordés par Ottawa et Québec.

Selon l’adjointe à la ministre du Tourisme et députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Émilie Foster, ce sera un ajout majeur pour le pôle touristique de Charlevoix.

« On va être proche d’être la capitale du tourisme. Je ne sais pas qui d’autres pourraient l’être avec un Club Med et avec tous les atouts qu’on a dans Charlevoix», a-t-elle ajouté.

Selon David Meyer, le site de Charlevoix présente plusieurs similarités avec le site touristique de Valmoral en France, où il a été directeur il y a plusieurs années. Lors de la première année d’exploitation du site français, les retombées économiques dans la région représentaient environ 5 M d’euros, soit environ 7,5 M$ de dollars canadiens.

Une majorité favorable, une minorité inquiète

Si une bonne partie de la population de Petite-Rivière-Saint-François se dit satisfaite du projet dans son ensemble, certains résidents dans la région de Charlevoix ont des craintes, notamment sur la sécurité routière.

D’autres récalcitrants ont avoué que la nature du projet allait à l’encontre des propos tenus par le propriétaire du Groupe Le Massif en 2009. Daniel Gauthier avait mentionné qu’il voulait créer un projet «Anti-Resort».

Aux yeux de ceux-ci, l’arrivée du Club Med est exactement la définition même d’un Resort, ce à quoi David Meyer a tenu à réfuter. Selon le directeur de projet de l’Amérique du Nord de Club Med, l’objectif est d’être en symbiose avec les acteurs de Charlevoix pour offrir une expérience unique à sa clientèle.

Par souci de transparence, les deux partenaires dans le projet ont approché le ministère des Transports du Québec pour réaliser une étude de circulation afin de savoir si ce nouveau projet de développement immobilier peut représenter un risque pour les automobilistes.

« C’est un projet qui n’a pas sa place dans Charlevoix. C’est la pire chose à la pire place. D’autant plus qu’il y a un grave problème de sécurité routière qui semble se dessiner», a mentionné un citoyen de la région.

La majorité des citoyens s’entendent toutefois pour dire que ce projet créera plus de 350 emplois dans la région pour décembre 2020. Les retombées économiques seront positives selon eux pour la communauté de Petite-Rivière-Saint-François.

« Je ne suis même pas capable de m’acheter une pinte de lait. Je ne peux même pas m’acheter une palette de chocolat. Il n’y a pas d’épicerie. Il n’y a pas de dépanneur. Il y a rien. Eux autres arrivent ici avec un projet extraordinaire, puis là, le monde demande, ça va coûter quoi les impacts financiers de cette étude-ci et cette étude-là», a expliqué un résident de Québec qui a fait la route lundi soir pour entendre la présentation du projet.

Les travaux du futur Club Med sont entamés depuis le mois de juillet. En quatre mois, le Groupe Le Massif a reçu deux avis de non-conformité par le ministère de l’Environnement pour ne pas avoir respecté la Loi sur la qualité de l’environnement. M. Sujobert a avoué que son entreprise a commis des erreurs, mais qu’elle ne prendrait plus aucune chance à cet effet.

Le complexe hôtelier sera érigé au pied de la montagne et devrait voir le jour le 1er décembre 2020.