La relâche scolaire, période cruciale pour les travailleurs de Charlevoix
Publié le 5 mars 2026 à 16:39, modifié le 6 mars 2026 à 09:57
Alors qu’un tiers des travailleurs de Charlevoix vivent du tourisme, la semaine de relâche reste la période la plus cruciale de la saison hivernale. Cette année encore, les touristes sont au rendez-vous, mais l’industrie pourrait être fragilisée par des départs de travailleurs étrangers.
Des milliers de skieurs dévalent les pentes du Mont Grand-Fonds. C’est la relâche scolaire, le moment phare de la saison hivernale.
« C’est samedi tous les jours, donc la semaine actuelle, c’est un sprint de dix journées super achalandées », lance Sébastien Tremblay, directeur général du centre de ski.
Une centaine d’employés travaillent à plein régime. Ils sont des ambassadeurs de la montagne et de la région.
« Les gens connaissent les filles à la cuisine, les gens connaissent leur barmaid, les gens connaissent leurs gars de remontées, donc c’est vraiment comme si on revient chaque année parce qu’on revient voir notre famille », constate Marie-Hélène Jodoin, directrice marketing du mont Grand-Fonds.
L’affluence de touristes a aussi un impact majeur sur les entreprises de service et les emplois qu’elles génèrent.
« C’est tout un écosystème avec les hôteliers, les restaurants, les auberges. Pour faire tout ça, pour accueillir tous ces milliers de personnes-là, ça prend des travailleurs, puis on en a besoin », soutient Sébastien Tremblay.
Julie Tremblay, copropriétaire du Resto-Pub Belles & Bum, confirme « qu’on mobilise toutes nos ressources pour la semaine de relâche, surtout qu’on constate malheureusement une tendance qui fait que les gens réservent de moins en moins une place en salle à manger, donc c’est toujours imprévisible ».
Ces semaines clés permettent de combler aussi les périodes plus creuses.
« En ayant cette possibilité-là de maintenir nos emplois à l’année, de les faire travailler dans des périodes extrêmement achalandées comme la relâche, mais je pense que ça permet justement d’améliorer un peu les conditions qu’on offre », affirme le directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion.
Mais la fin du Programme de l’expérience québécoise pourrait provoquer le départ de nombreux travailleurs étrangers, jugés essentiels à la survie de l’industrie.
« C’est des gens expérimentés, disponibles, qui ont le goût de faire partie de notre aventure, ça reste une denrée rare », soutient Julie Tremblay.
« C’est des gens qui sont ici, qui sont en emploi, qui sont bien formés, qui sont bien intégrés, qui sont francisés. Parce que sinon vraiment, c’est soit des entreprises qui vont devoir réduire les heures d’opération ou tout simplement fermer », craint Mitchell Dion.
Tourisme Charlevoix a justement écrit récemment au ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, pour se joindre aux nombreuses voix qui réclament une clause de droit acquis pour les travailleurs déjà présents sur le territoire.