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Inondation à Maria : Une femme va devoir fermer sa garderie, faute d’argent

Publié le 17 juin 2026 à 15:43, modifié le 17 juin 2026 à 15:46

Par: Élyse Riverin

À Maria, une responsable d’un service de garde en milieu familial doit adapter sa nouvelle résidence rapidement après sa relocalisation en raison des inondations. Mais le cadre de prévention des sinistres (CPS) et le Programme général d’assistance financière (PGAF) ne la reconnaissent pas comme une entreprise.

L’ancienne maison pouvait accueillir 6 enfants de 18 mois à 5 ans. Elle était conforme aux règlementations de la municipalité. Maintenant, l’éducatrice doit réaménager sa nouvelle résidence, mais sans les fonds normalement dédiés aux entreprises. Elle risque de perdre son emploi, faute de ressources. L’allocation maximale pour les entreprises est de 485 000$. Brigitte Bourgeois, l’éducatrice et propriétaire de son service de garde en milieu familial, a plutôt reçu 385 000$ pour sa résidence. Une somme qui n’est pas suffisante pour rouvrir sa garderie.

« C’est pas que j’ai pas de place, c’est que c’est pas adapté. Tsé, où ce qu’on a acheté, c’est une cave en ciment. Je peux pas, je ne mettrai pas des enfants… faut que je me fasse une garderie pour pouvoir continuer mon travail. […] Je ne lâcherai pas, c’est sûr! Je veux retrouver ma garderie, c’est ça que je veux! Je ne veux pas profiter du système, je ne veux pas rien, je veux avoir ce que j’avais! », se désole Mme Bourgeois.

La reconnaissance comme entreprise pourrait tout changer pour l’avenir de la garderie.

« On considère qu’il devrait y avoir une exception aux programmes pour que ces entreprises-là particulièrement […] on trouve que ça serait vraiment dommageable pour notre milieu et pour les parents évidemment, de perdre ces places en service de garde. », explique Patricia Chartier, la mairesse de Maria.

« Mon dieu, ma garderie serait pleine. Tsé, je ferais ça tout l’été à préparer ma garderie, puis le 17 août je réouvre, puis je serais complète! J’aurais 6 enfants, tsé j’aurai 12 parents qui pourraient aller travailler », témoigne Mme Bourgeois.

En plus de perdre sa maison à Maria, Mme Bourgeois doit se relocaliser dans Cascapédia–Saint-Jules pour s’assurer d’avoir une résidence adaptée à son travail.

« On a fait un deuil, on n’est plus là, on a fait beaucoup de pertes monétaires. […] Puis là, ils veulent nous faire perdre mon travail aussi! Je trouve ça ordinaire… […] C’est plein de deuils, pleins pleins de deuils qu’on a vécu… celle-là, je ne la prends pas pantoute! », exprime Mme Bourgeois.

Pour l’instant, 4 enfants perdent leur place dans la garderie… Pour ce père dont l’enfant fréquentait la garderie, c’est un service essentiel qui doit être protégé : « Je trouve ça vraiment dommage que, à cause d’une situation qui est hors de son contrôle, Brigitte est obligée de déménager. Puis, en plus de ça, peut pas ouvrir sa garderie pis il manque 6 places, pis on sait qu’il en manque des places partout en garderie. Faq, autant pour les nouveaux arrivants que même pour d’autres personnes qui viennent de d’autres régions du Québec. », témoigne Mathieu Jacques.

Malgré nos demandes, nous n’avons pas obtenu de réponses du ministère de la Sécurité publique et de celui de la Famille, en fin d’après-midi le 17 juin.