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Cécile St-Amand: un décès accidentel

Publié le 17 juin 2026 à 16:26, modifié le 17 juin 2026 à 16:26

Par: Leo Hudon

Le Bureau du coroner a déposé son rapport concernant le décès d’une aînée de 90 ans, survenu en janvier à Lac-au-Saumon. Me Jean‑Pierre Chamberland confirme qu’elle est morte de froid à l’extérieur de sa résidence.

 

Cécile St-Amand est décédée le 1er janvier dernier. Diagnostiquée avec un début de démence, elle est sortie de la résidence Domaine Lac-au-Saumon vers 2 h au petit matin.

« Chose certaine, c’est qu’elle est malheureusement décédée dans des circonstances tragiques du froid, principalement, et ça, c’est très difficile à accepter, surtout pour la famille », affirme le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet.

Le coroner explique que la dame était munie d’un bracelet anti-fugue. Il l’empêchait de quitter la résidence sans autorisation. Elle a cependant réussi à le retirer quelques semaines avant son décès.

« Faudrait savoir pourquoi elle l’a enlevé. De toute façon, parce que des fois ça se peut que ça ne soit pas confortable. Est-ce qu’elle s’en est plainte? Est-ce que quelqu’un a regardé cette situation-là? Je ne sais pas », ajoute Paul Brunet.

Selon le coroner, la famille a demandé qu’on ne lui remette pas le bracelet. « On est vraiment à la limite de ce qu’on peut faire pour un résident ou une résidente en perte cognitive », soutient Paul Brunet.

Le coroner et Paul Brunet sont d’accord pour dire que le Domaine Lac-au-Saumon n’est pas à blâmer pour ce décès accidentel. Le président du Conseil pour la protection des malades suggère tout de même d’implanter une unité sécurisée.

« C’est un espace dans l’établissement qui est contrôlé avec un code qui ne permet pas aux gens de sortir de leur propre gré et qui permet au personnel de mieux contrôler les allées et venues de ces personnes-là », explique-t-il.

Le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Marc Fortin, a pour sa part une vision différente.

« Faut faire attention de ne pas sombrer dans le principe du risque zéro, parce qu’un risque zéro, ça n’existe pas. Le rapport du coroner est un rapport très bien écrit qui prend les choses en perspective. Madame était dans une résidence autonome, elle était autonome, mais elle a eu des épisodes de délirium. La famille voulait la laisser dans une résidence autonome », indique Marc Fortin.

Il aimerait aussi que Santé Québec revoie la façon dont on traite les personnes atteintes de dégénérescence cognitive. « Ici, au Québec, on enferme les gens. On a tellement mis de mesures de restriction, de réglementation et d’application qu’on n’est même pas capables de construire un village Alzheimer, où les gens qui ont des problèmes de démence ou d’Alzheimer pourraient vivre plus librement », soutient Marc Fortin.

Le coroner est satisfait des mesures de sécurité mises en place à la fin janvier par la résidence, dont un système d’alerte pour les portes extérieures. Il ne formule donc aucune recommandation supplémentaire.