Îles-de-la-Madeleine : plusieurs enjeux préoccupent les pêcheurs de Homard
Publié le 26 mars 2026 à 16:05, modifié le 26 mars 2026 à 16:13
Par: Pierre-Marie Nicolas
Plusieurs défis préoccupent les pêcheurs de homard de la zone 22 aux Îles-de-la-Madeleine. Baisse anticipée des captures, interdiction du trempage des casiers et boîtes noires obligatoires dès 2027 : les enjeux sont nombreux pour le secteur.
Après avoir connu des sommets historiques, notamment en 2019, la ressource semble amorcer un virage. Les indicateurs scientifiques de Pêches et Océans Canada (MPO) pointent vers un fléchissement prochain.
« On pense sérieusement qu’il va y avoir des diminutions dans les quelques années à venir. Quelques années, c’est une, deux, trois années, mais on ne peut pas aller plus loin que ça », explique Benoit Bruneau, biologiste à l’Institut Maurice-Lamontagne.
En 2019, les relevés présentaient environ 13 kg de homard par 1000 mètres carrés de fond marin. En 2025, ce chiffre a été divisé par deux.
Malgré cette chute statistique, les experts se veulent rassurants sur la viabilité de l’espèce. Le stock demeure biologiquement en santé, mais les pêcheurs devront s’adapter à des captures moins miraculeuses qu’auparavant.
La surveillance par « boîte noire » dès 2027
Le changement le plus technologique concerne l’installation obligatoire de systèmes de surveillance électronique, communément appelés « boîtes noires », sur les 325 homardiers de la zone 22 d’ici 2027. L’objectif est clair : éradiquer la pratique interdite de la « double levée » de casiers dans la même journée.
Si le principe est compris, c’est le « comment » qui inquiète. Les pêcheurs se questionnent sur les possibles bris mécanique du système.
Le MPO promet une certaine souplesse pour l’implantation. « L’important c’est qu’on soit raisonnables », soutient Cédric Arseneau, reconnaissant les défis techniques liés au déploiement d’une telle flotte.
L’épineux dossier du trempage des casiers
Une pratique traditionnelle est au cœur des débats : le trempage des casiers. Cette méthode, qui permet aux cages de couler plus rapidement une fois à l’eau, était longtemps tolérée dans les lagunes. Elle est désormais strictement interdite.
Cette interdiction force les pêcheurs à déplacer leur matériel. Selon Cédric Arseneau, directeur du bureau de secteur du MPO, certains casiers se retrouvent maintenant dans les dunes ou en milieu d’eau douce, hors de la juridiction maritime habituelle.
Le regroupement des pêcheurs des côtes réclame la levée de cette interdiction. Le MPO affirme avoir pris acte de la demande et procède actuellement à des analyses.
Alors que ces enjeux structurels planent sur l’archipel, une question demeure sur toutes les lèvres : la date du début de la saison. Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour l’ouverture de la saison 2026.