Exode des jeunes : Charlevoix-Est bâtit son premier plan d’action
Publié le 5 mai 2026 à 16:09, modifié le 5 mai 2026 à 17:17
Face au déclin de sa population, la MRC de Charlevoix-Est veut freiner l’exode des jeunes vers les grandes villes et vise même de les faire revenir. L’organisation bâtit pour la première fois un plan d’action pour les 15 à 29 ans. Et elle les implique dans le processus.
Un comité consultatif jeunesse a justement été mis en place pour accompagner la démarche. L’un des 10 membres, Samuel Lamoureux a grandi à La Malbaie et compte bien y faire sa vie. Mais ce n’est pas le cas de plusieurs de ses amis.
« Charlevoix c’est très beau, mais on dit tout le temps : je vais revenir à ma retraite, c’est certain, mais je vais aller faire ma vie ailleurs », illustre le jeune homme.
Depuis les années 1980, la population des 15 à 34 ans n’a cessé de diminuer dans la Capitale-Nationale. Selon une étude Place aux jeunes en région, Charlevoix-Est est la MRC qui se vide le plus, avec une baisse de 22,6 % entre 1986 et 2021.
Certaines causes reviennent souvent, comme l’illustre Dulce Vivar, agente de développement territorial à la MRC de Charlevoix-Est. « Est-ce que j’ai une garantie professionnelle dans Charlevoix? Est-ce que j’ai accès à acheter une maison dans Charlevoix? Est-ce qu’il y a des activités culturelles et sociales pour la jeunesse et que je n’ai pas besoin justement de partir à Québec ou ailleurs? »
« Un emploi payant, les activités, une vie sociale qui est forte… je pense que c’est un beau mix pour garder nos jeunes dans Charlevoix », ajoute Samuel Lamoureux.
La MRC veut donc se doter d’un tout premier plan d’action pour renverser la tendance. Et les premiers à y contribuer sont justement les jeunes.
« Je trouvais que c’était une belle opportunité pour moi d’apporter mes idées », souligne le membre du comité.
Dulce Vivar soutient que la MRC a « un rôle clé pour notre jeunesse, pour les garder sur notre territoire puis favoriser aussi le sentiment d’appartenance. Puis souvent ça passe vraiment par la participation citoyenne. »
L’élaboration du plan prendra environ un an, mais on ne veut pas attendre sa publication pour agir. La MRC travaille déjà à diversifier les possibilités d’études supérieures.
« On prétend pouvoir offrir la formation professionnelle ou universitaire dans quelques domaines spécifiques, donc ça a été mentionné par les jeunes, par exemple l’enseignement, le droit, l’administration. Donc que ça soit les enseignants qui se déplacent ici », explique la responsable du plan.
Celui-ci sera d’ailleurs analysé cet automne par des jeunes du Centre d’études collégiales en Charlevoix. Le dépôt est prévu au printemps 2027.