Eau contaminée à Charlo : plus de questions que de réponses
Publié le 1 avril 2026 à 13:29, modifié le 2 avril 2026 à 08:20
Par: Pierre-Marie Nicolas
Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick a tenu une séance d’information mardi soir à Charlo, après la découverte de substances perfluoroalkylées (PFAS), des polluants éternels dans l’eau potable de la municipalité. Une bonne centaine de citoyens se sont déplacés au club de l’âge d’or pour entendre les premières conclusions des analyses.
Les tests ont été réalisés sur trois puits privés situés à proximité des deux puits municipaux où un taux élevé de PFAS avait été détecté. Les résultats sont négatifs.
« Je pense que cette réunion ici va aider à calmer l’inquiétude des gens. On a pu savoir que les puits qui avaient été testés sont négatifs. Les puits plus loin, les chances d’être contaminés sont vraiment minimes », affirme le maire suppléant de Baie-des-Hérons, Denis McIntyre.
Baie-des-Hérons est le seul réseau sur les 62 analysés dans la province à dépasser la norme de Santé Canada, fixée à 30 nanogrammes par litre. Les deux puits municipaux contaminés affichaient respectivement des taux de 45 et d’environ 175 nanogrammes par litre.
Des risques « à mettre en perspective »
Le ministère a tenu à nuancer les risques liés à l’exposition aux PFAS. La Dre Rita Gad, médecin hygiéniste régionale, souligne qu’il existe une « association » et non une causalité démontrée entre ces substances et certains effets sur la santé. « Il n’y a pas tout de suite de règles pour les niveaux de PFAS, par exemple dans l’eau potable. . Ça peut changer », précise-t-elle.
Pour certains résidents, les explications ont suffi. « Ça nous a aidé et puis j’étais contente de voir le grand nombre de personnes qui sont venues. Il y en a qui sont partis encore très inquiets », témoigne Gisèle Laviolette.
L’aéroport montré du doigt
D’autres citoyens sont repartis insatisfaits. Annie Thériault déplore que l’origine de la contamination n’ait pas été abordée. « Ils parlent des poêlons et du linge, mais ce n’est pas ça qui est la source de la contamination. C’est fort possiblement l’aéroport, avec des produits qui s’y trouvent. Il y a des réservoirs partout aux alentours », lance-t-elle, pointant les mousses extinctrices utilisées par les pompiers comme source potentielle.
Des analyses coûteuses
Il y a environ une centaine de puits privés dans la municipalité. Certains résidents souhaitent faire analyser leur eau, mais le coût est un frein : une seule analyse coûte plus de mille dollars, l’échantillon devant être envoyé en Ontario.
La municipalité n’écarte pas l’idée d’accorder une aide financière. Le maire suppléant mentionne qu’un laboratoire plus près pourrait offrir des tests moins chers.
La province promet son appui
Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Gilles Lepage, assure que « les paliers gouvernementaux seront là pour appuyer la municipalité avec l’option qu’elle choisira ».
Depuis la détection, environ 500 maisons du secteur ont été raccordées au réseau de la municipalité voisine de Bois-Joli. Deux pistes de solution permanente sont à l’étude pour cet été : installer un système de traitement de l’eau des puits actuels ou raccorder Charlo au réseau de Dalhousie.
L’origine de la contamination aux PFAS reste inconnue et les solutions pour y remédier, encore floues.