Difficultés financières: la RÉGÎM devrait de l’argent à au moins un transporteur
Publié le 8 mai 2026 à 13:14, modifié le 8 mai 2026 à 13:14
Par: Patrick Giguère
En manque de liquidités, la RÉGÎM accumulerait des retards de paiement auprès d’un de ses principaux transporteurs. Des factures de plusieurs dizaines de milliers de dollars seraient en souffrance, selon nos informations.
Le président de l’organisation assure que la priorité est de payer tout le monde dans la mesure de leurs capacités financières.
Depuis les derniers mois, la Régie intermunicipale de transport de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine paierait au compte-gouttes les sommes dues à Transport Baie-des-Chaleurs.
« Il y a peut-être des comptes qui attendent un peu plus, mais on n’a pas le choix. Normalement, il n’y a pas de comptes en souffrance chez les transporteurs. S’il y en a, ils ne dépassent pas un mois », nuance pour sa part Daniel Côté.
Les factures s’élèveraient à plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Le directeur général de l’entreprise nous a confirmé l’information, sans toutefois préciser le montant exact dû.
Gilles Pelletier a décliné notre demande d’entrevue.
Au téléphone, M. Pelletier a assuré que l’entreprise disposait d’assises financières suffisamment solides pour continuer à absorber les frais d’exploitation de ce service plus qu’essentiel dans la région, en attendant que la situation financière de l’organisme se rétablisse.
« Tout le monde doit être compréhensif de la situation Si les transporteurs ont des doléances, ils peuvent peu: la RÉGÎM a étiré son élastique financier au maximum, à même ses propres capitaux, et elle est en attente depuis 17 mois du ministère des Transports. Peut-être nous aider à faire pression sur le ministère des Transports pour qu’ils s’enlèvent les doigts du nez », fulmine M. Côté.
La RÉGÎM a des contrats de service avec quatre transporteurs.
Celui situé aux Îles-de-la-Madeleine nous a fait savoir qu’il existe des ententes, avant de mettre fin à l’appel.
Quant aux deux autres, les comptes sont à jour pour le moment.
Québec doit toujours 1,9 million à la Régîm depuis 2025.
« C’est malheureusement fréquent. Là, c’est vraiment dans les records. Ça fait quand même dix ans que je suis président de l’Association et c’est assez dramatique présentement ce qui se passe », mentionne le président de l’Association des Transports Collectifs Ruraux du Québec, André Lavoie.
Toutes les sociétés de transport de la province sont dans la même situation.
« Ce sont des transporteurs privés qui assurent le service. Si on ne les paie pas, à un moment donné, ils vont eux-mêmes tirer la plug », ajoute M. Lavoie.
Une réalité que déplore le président de l’Association des Transports Collectifs Ruraux du Québec.
« Dans nos membres, en fait, il y en a qui ont dû soit couper des postes ou couper des services parce que justement les fonds n’arrivent pas. »
Ce qui distingue la RÉGÎM des autres sociétés de transport, c’est qu’elle couvre l’ensemble de la région administrative.
Les autres transporteurs desservent généralement une ville ou une seule MRC.
« Dans notre cas, nous sommes une structure regroupant six MRC. Comment répartir ça de façon équitable entre chacune des MRC, qui pourraient — ou non — prêter de l’argent à une société à qui elles ont délégué leur transport? », se demande Daniel Côté.
En manque de liquidité, les semaines sont comptées pour le transport collectif et adapté.
La directrice générale de la RÉGÎM, Marie-Andrée Pichette, n’a pas voulu commenter l’affaire.
Le ministère des Transports et le cabinet du ministre Benoit Charette n’ont pas répondu à nos questions.