Développement des minéraux critiques: Mines Gaspé fait partie du lot
Publié le 5 mars 2026 à 16:03, modifié le 6 mars 2026 à 11:58
Par: Patrick Giguère
Ottawa et Québec souhaitent prioriser l’industrie de la défense en finançant la filière des métaux critiques, dont fait partie le cuivre. Quatre projets d’exploitation sont dans la mire des gouvernements ou de fonds institutionnels, dont celui de Mines Gaspé.
Le cuivre gaspésien attire l’intérêt de l’industrie de la Défense.
« Aujourd’hui, c’est vraiment fondamental. On s’en sert dans les munitions, on s’en sert dans les systèmes informatiques, dans le filage des navires et des avions. Il y a du cuivre dans toutes les étapes », Youri Cormier, professeur invité en défense et sécurité à l’Université d’Ottawa.
Selon le PDG de Métaux Osisko, la défense consomme du cuivre.
« L’industrie militaire ne consomme pas plus de cuivre que les autres secteurs. C’est plutôt la demande en électricité qui devrait faire augmenter de façon importante la consommation de cuivre, notamment avec le développement des énergies renouvelables, comme l’éolien, le solaire et les véhicules électriques », précise Robert Wares.
Mais sur le plan de la sécurité nationale, la question de l’approvisionnement demeure cruciale.
« Pour maintenir notre sécurité nationale en matière de cuivre et de production de cuivre, il serait très important de trouver un moyen de s’assurer que la Fonderie Horne puisse continuer d’opérer et d’être alimentée. À ce niveau-là, Mines Gaspé aurait la capacité d’approvisionner la Fonderie Horne pendant une trentaine d’années », assure M. Wares.
Afin de s’éloigner des hydrocarbures et de soutenir la croissance de nouvelles industries comme l’intelligence artificielle, la production mondiale de cuivre devra presque doubler d’ici 2050.
Le gisement qui se trouve sous Murdochville pourrait en combler une petite partie.
« On parle d’augmenter la production mondiale de 23 millions de tonnes de cuivre annuellement. Dans le meilleur des mondes, Mines Gaspé va produire environ 150 000 tonnes de cuivre métal », croit M. Wares.
« Il y a quand même un réveil qui s’est fait au niveau du fait que le Canada a besoin d’une capacité militaire forte dans le contexte mondial actuel, mais qu’il y a aussi des ressources sur place pour être capable de le faire par lui-même. On n’a pas toujours besoin d’aller acheter des produits finis ailleurs », précise M. Cormier.
Le PDG de Métaux Osisko estime que les gouvernements canadiens devraient réduire la bureaucratie et accélérer le processus d’ouverture de nouvelles mines, tout en maintenant des exigences rigoureuses en matière d’environnement et d’acceptabilité sociale.
« Cinquante pour cent de la production de cuivre au niveau des raffineries et des fonderies est contrôlé par la Chine. Elle se trouve donc déjà dans une position de contrôle qui est un peu épeurante pour le monde occidental. Il faut se grouiller, c’est la seule façon de le dire », dit Robert Wares.
La Caisse a réinvesti en décembre dernier 4 millions de dollars dans la société pour soutenir la poursuite des travaux d’exploration.
Le maire de Murdochville accueille cette nouvelle avec optimisme.
« Pendant la pandémie de COVID-19, on a constaté les problèmes que peut causer le fait de ne pas être autonome pour certaines ressources ou certains produits. Avec les enjeux géopolitiques qu’on observe depuis les derniers mois et les dernières années, ça démontre encore davantage l’importance d’être indépendant», affirme Stéphane Gamache.
Si tout se déroule comme prévu, l’exploitation minière pourrait débuter en 2032, à Murdochville.
Métaux Osisko prévoit rencontrer la population dans les prochaines semaines pour faire le point sur le projet.