Détournement du Fonds vert : les municipalités inquiètes
Publié le 1 décembre 2025 à 16:02, modifié le 1 décembre 2025 à 16:02
Québec va rembourser une partie de la dette avec les surplus du Fonds Vert, renommé le Fonds d’électrification et de changement climatique. La décision inquiète dans Charlevoix. Les élus craignent de ne pas avoir suffisamment d’argent pour prévenir de futures catastrophes environnementales.
Les pluies abondantes de 2023 ont laissé un goût amer dans la région. La perspective de manquer de fonds pour atténuer les changements climatiques l’est tout autant.
« C’est clair qu’on est déçu », laisse tomber Michaël Pilote. « Actuellement les différentes municipalités et MRC à travers le Québec sont à travailler sur les plans climat qui nous permettent d’identifier des cibles locales et régionales pour atteindre la diminution des gaz à effet de serre (GES). On a de l’argent présentement, mais par la suite il devra y avoir mise en place des différentes interventions qui ont été prévues », mentionne le maire de Baie-Saint-Paul et préfet de la MRC de Charlevoix.
C’est pourtant le gouvernement qui demande aux municipalités de planifier et de gérer leur adaptation.
« On nous demande d’ici 2027 de produire un plan climat, donc l’adaptation au changement climatique, l’érosion des berges, l’enrochement des berges, les glissements de terrain, prévoir tout ça. Ça peut aller jusqu’à de la recherche en eau », explique Michel Couturier, maire de La Malbaie et préfet de la MRC de Charlevoix-Est.
Au Québec, le manque d’eau est un phénomène auquel on ne s’attendait pas. Pour les élus, retirer des fonds environnementaux de 1,8 milliard $ pour éponger une dette risque d’en créer une autre.
« Je ne voudrais pas qu’on se retrouve encore avec des responsabilités supplémentaires, à prévoir les dangers dus aux changements climatiques avec pas de moyens. Ça arrive trop souvent », déplore M. Couturier.
Réparer les dégâts des événements climatiques coûte « des sommes faramineuses », selon Michaël Pilote. Il rappelle donc l’importance d’investir en amont.
« En étant maire d’une ville qui a vécu des inondations qui ont été atroces, on se rappellera deux pompiers qui ont malheureusement perdu la vie, on est à même de témoigner qu’il faut faire de quoi, puisque si on ne fait rien, ça nous rattrape un jour », prévient-il.
Il n’y a pas que les municipalités qui critiquent la décision du gouvernement. Le Conseil du patronat du Québec rappelle que l’argent du Fonds vert vient en partie des entreprises qui payent des droits d’émission de GES afin justement de réduire leur impact environnemental.