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Des primes trop « exclusives », dénoncent les syndicats

Publié le 14 mai 2020 à 19:11, modifié le 15 mai 2020 à 08:58

Par: Marie-Eve Cloutier

Le gouvernement du Québec souhaite encourager les travailleurs de la santé à demeurer au front pour lutter contre la COVID-19 eu leur versant des primes additionnelles. Certaines conditions à remplir pour les obtenir sont cependant aberrantes aux yeux des syndicats.

Lors de son annonce la semaine dernière, le premier ministre François Legault a déclaré que tous les employés qui offriront une prestation de travail à temps plein dans les CHSLD, les résidences privées pour aînés (RPA) et les ressources intermédiaires (RI) recevront 100 $ par semaine.

Des primes supplémentaires s’ajoutent pouvant ainsi porter le total à 1000 $ par mois. Ces montants forfaitaires, accordés aux infirmières, aux préposés aux bénéficiaires et aux aides de services, entre autres, semblent bien généreux. Mais dans les faits, la majorité des employés du réseau de la santé au Bas-Saint-Laurent n’auront droit qu’au 100 $ par semaine.

« Les sommes additionnelles sont réservées aux zones touchées par la COVID-19 », explique Cindie Soucy, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec pour la région du Bas-Saint-Laurent.

Autrement dit, pour l’instant, seuls les travailleurs dans les CHSLD, les RPA et les RI de la région auront droit au 100 $.

« Donc, une préposée aux bénéficiaires qui travaille à [l’hôpital de Rivière-du-Loup], que ce soit au bloc opératoire, à l’urgence ou aux soins intensifs n’y a pas droit », met en lumière Johanne Campagna, présidente du Syndicat des travailleurs de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent.

Même une infirmière travaillant dans une clinique dédiée au dépistage de la COVID-19 n’y a pas droit, puisque ce lieu ne fait pas partie des sites désignés par la ministre de la Santé.

De plus, les professionnels de la santé qui pourront toucher le montant forfaitaire de 100 $ par semaine devront répondre à des critères stricts s’ils veulent voir apparaître la somme sur leur talon de paye.

« Par malheur, si vous faites du temps supplémentaire, même du temps supplémentaire obligatoire, et que le lendemain, vous ne vous sentez pas apte à venir travailler et que vous désirez prendre une journée de maladie, vous perdez automatiquement la prime de 100 $ », cite en exemple Cindie Soucy.

« Ça, il faut se le faire expliquer, sérieusement. On ne voit pas comment on peut brimer des gens qui sont en maladie, leur dire “ t’es malade, on ne te paye plus, tu ne mérites plus rien ”. C’est aberrant ! », dénonce Johanne Campagna.

Autre exemple : un salarié qui refuse un déplacement ou une affectation demandée par son employeur perd sur-le-champ et pour les périodes suivantes le bénéfice des montants forfaitaires.

Des hausses salariales qui tardent à venir

Outre les montants forfaitaires, certains travailleurs du réseau de la santé n’ont toujours pas reçu les primes de salaires de 4 $ l’heure ou de 4 % promises par Québec il y a plus d’un mois. Ce semble être particulièrement au sein des ressources intermédiaires.

« On nous dit au ministère qu’il semble y avoir un problème informatique. On trouve ça vraiment inacceptable et insultant, les employés des ressources intermédiaires travaillent autant que dans les autres milieux depuis le début de la crise », se désole Johanne Pratte, directrice de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec.

Les sommes dues seront accordées rétroactivement, en date 13 mars, assure Mme Pratte.