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Des citoyens interpellent les motoneigistes hors la loi

Publié le 18 février 2026 à 16:40, modifié le 19 février 2026 à 08:25

Par: Patrick Giguère

Les adeptes de véhicules motorisés hors route qui quittent les sentiers balisés pour circuler sur des terrains privés font encore la manchette. Au moins trois situations jugées déplorables ont été signalées ces derniers jours dans la Baie-des-Chaleurs.

« La raison pour laquelle je mets des clôtures ce matin, ce n’est pas pour t’empêcher de passer sur mon terrain, c’est pour t’empêcher de passer sur mes arbres », lance Pascal Henry.

Dans une vidéo devenue virale, partagée dimanche matin sur sa page Facebook, Pascal Henry a pris l’initiative de dénoncer publiquement le manque de civisme de certains utilisateurs de motoneiges.

« Cette année, je me suis fait casser six épinettes. Ce n’est rien, six épinettes, ça ne coûte pas cher, je vais en planter d’autres, mais je perds un an, je vais être obligé de recommencer à zéro », déclare-t-il.

« La raison pour laquelle je plante des arbres, c’est qu’avant, le coin ici était laid. Ça faisait dur, il y avait plein de cochonneries partout. J’aimerais ça embellir l’endroit avec les années », ajoute-t-il.

Celui qui habite à l’angle de la rue Rioux et de la 1re Avenue, à Saint-Siméon, précise avoir tracé une piste pour permettre aux adeptes de traverser son terrain pour se rendre au village.

« Aucun problème avec ça, j’aime bien ça, ça me fait plaisir, passe chez nous tant que tu veux, mais il a fallu que je mette une clôture au bout par exemple parce que le monde passait à dix pieds de ma maison en pleine nuit pis ça me réveillait. »

À la fin janvier, un deuxième résident de la municipalité avait dénoncé le manque de respect fd’un motoneigiste qui avait ignoré un panneau « Défense de passer ». Résultat : une cinquantaine d’épinettes, plantées, avec ses enfants, ont été brisées.

« On se demande : le jour où on aura une maison, est-ce qu’ils vont continuer à passer entre l’étable et la maison, parce qu’ils l’ont toujours fait ?. » À Saint-Alphonse, Mary-France Roy a acheté l’été dernier un terrain vacant et une petite écurie pour s’y établir.

Mais certains conducteurs de véhicules hors route traversent sa propriété sans permission… Une situation qui a des répercussions sur ses trois chevaux.

«Elle a peur des voitures. On est sur le chemin, et ça l’effraie vraiment, donc c’est ça notre gros problème : ça terrifie les animaux», fait-elle savoir.  « Il y a le côté privé, il y a le côté sécurité pour mes animaux… mais aussi pour les gens. Comme vous pouvez le voir, on a du matériel dans la neige parce qu’on est en construction. Si un skidoo y entre, blanc sur blanc, c’est nous qui risquons de nous retrouver responsables », s’inquiète-t-elle.

Les clubs de motoneige avec lesquels nous nous sommes entretenus assurent faire de la sensibilisation.

« On remarque souvent que ce sont des gens du coin ou des nouveaux. Il faut les encadrer. Souvent, ce que je dis aux motoneigistes qui en font depuis longtemps, c’est : si tu en vois un qui veut sortir du sentier, tu peux juste lui lancer un petit sifflement, lui dire : “Hey, tu es habitué dans le coin ou tu viens t’amuser ?” », mentionne le directeur général de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Stéphane Desrochers.

« Quand tu sors de chez toi, même si tu es en skidoo et que ça passe partout, mets-toi bien dans la tête qu’il faut faire attention aux affaires des autres », termine Pascal Henry.

En espérant maintenant que ces témoignages aideront les plus récalcitrants à retrouver la bonne direction…