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Demande d’action collective contre le diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière

Publié le 2 février 2026 à 17:29, modifié le 3 février 2026 à 10:40

Par: Catherine Pellerin

Une demande d’autorisation pour intenter une action collective contre le diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière a été déposée vendredi dernier à la Cour supérieure du Québec par deux cabinets d’avocats.

Le recours vise des allégations d’agressions sexuelles qui auraient été commises par des membres du clergé sur des enfants mineurs, principalement dans les années 1950, 1960 et 1970. Pour l’instant, deux hommes affirment avoir été victimes de tels abus alors qu’ils étaient très jeunes.

Selon les documents déposés en cour, la plus jeune des victimes alléguées aurait été âgée de trois ans au moment des faits. Les gestes reprochés se seraient étalés sur plusieurs années dans son cas.

Des discussions avec d’autres victimes présumées

Les avocats des demandeurs indiquent être actuellement en discussion avec une quinzaine d’autres personnes qui  disent également avoir subi des abus sexuels.

Un appel est d’ailleurs lancé à toute personne qui aurait subi des agressions de la part d’un membre du clergé, d’un employé ou d’un bénévole placé sous la responsabilité du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Le territoire visé par le recours s’étend de Berthier-sur-Mer à Rivière-du-Loup, incluant notamment le Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Des gestes connus du diocèse, selon les avocats

L’un des avocats au dossier, Me Marc Bellemare, soutient que le diocèse aurait été au courant des situations dénoncées à l’époque.

« Ce qui est important pour nous, c’est que ces gestes-là étaient posés par des gens d’Église qui étaient sous l’autorité du diocèse. Le diocèse était au courant de ces situations-là. Il déplaçait les prêtres d’une paroisse à l’autre, d’une fonction à l’autre, mais il se gardait bien de les réprimander ou de les expulser. Et ils continuaient à sévir et à agresser d’autres enfants », affirme Me Bellemare.

Des indemnisations recherchées

L’action collective envisagée vise à obtenir des dommages-intérêts compensatoires et punitifs pour toutes les victimes d’agressions sexuelles. En se basant sur des recours similaires intentés ailleurs au Québec depuis 2020, les compensations pourraient varier entre 75 000 $ et 250 000 $ par personne, tout dépendant de la nature des gestes, de la durée, de la sévérité et des dommages qui ont été causés à chacun.

Me Bellemare espère que plusieurs dizaines de victimes se manifesteront. « On espère aboutir avec plusieurs dizaines de cas, peut-être 75, 80 ou 100. On verra. Il faut que les gens se manifestent. Nous, on travaille de façon confidentielle. C’est maintenant qu’il faut parler. La honte, c’est du passé. Maintenant, on passe à l’action. »

Si la demande d’autorisation est acceptée, le processus judiciaire pourrait s’échelonner sur plusieurs années, avant un jugement ou un éventuel règlement hors cour.

En vidéo, voyez les explications de Me Marc Bellemare.

Le Diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière réagit

Par communiqué ce mardi, le diocèse a affirmé qu’il ne commentera pas l’action collective « par respect au processus judiciaire mais il entend collaborer afin qu’il progresse pour le bien de toutes les parties. »

« Le diocèse prend acte de la signification de cette action collective. Profondément touché par la souffrance exprimée, l’évêque assure les personnes qui se reconnaissent comme victimes de sa proximité et de sa prière, rappelant que de tels gestes n’auraient jamais dû survenir et ne trouvent aucune justification dans l’Église », peut-on lire dans le communiqué.

Il dit également « offrir écoute, accompagnement et références vers les ressources d’aide psychologique et spirituelle déjà mises en place pour toute personne qui souhaite entreprendre un chemin de guérison ».

« L’évêque réaffirme enfin l’engagement du diocèse en matière de prévention et de protection des personnes mineures et majeures vulnérables, afin que les milieux ecclésiaux demeurent des espaces respectueux et sécuritaires », conclut l’organisation religieuse.