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Crédit d’impôt: les médias satisfaits de la reconnaissance du gouvernement provincial

Publié le 20 mars 2026 à 12:00, modifié le 20 mars 2026 à 17:01

Par: Patrick Giguère

Le gouvernement québécois reconnaît l’importance du rôle que jouent les médias électroniques régionaux dans son plus récent budget, en accordant un crédit d’impôt pour la production d’information originale d’intérêt général de qualité.

Cette aide est appréciée par le milieu, alors que la télévision privée, la radio commerciale et les agences de presse faisaient pression sur les élus depuis plusieurs années pour obtenir un soutien financier afin d’appuyer leurs activités journalistiques.

À Bleu FM, cette aide permettra de consolider la salle de nouvelle présente en Haute-Gaspésie et dans Rocher-Percé.

« Vu le contexte économique actuel, on sait que les médias sont en transformation. Donc, si on peut avoir de l’aide à ce niveau-là pour nous accompagner, elle est la bienvenue », fait savoir Mélina Vallée, la directrice générale de la Radio du Golfe.

Ce soutien financier, qui se traduit par un crédit d’impôt couvrant 35 % des salaires liés aux activités journalistiques, favorisera la pérennité des médias.

« Ces aides-là sont les bienvenues, on les salue, mais il ne faut pas penser que tout est réglé : la crise est encore bien présente », affirme Éric-Pierre Champagne, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ( FPJQ).

Le gouvernement s’est engagé à soutenir les entreprises médiatiques pour les cinq prochaines années.

« Le gouvernement a reconnu que notre situation ne s’améliorerait pas dans les prochaines années en termes de ventes publicitaires, donc on peut prévoir que ce programme-là se poursuivra », poursuit Pierre Harvey.

Depuis quelques années, les revenus publicitaires des médias ont fortement diminué au profit des géants du web.

« Particulièrement en région, les effectifs ont déjà été réduits : il y a eu des suppressions de postes, autant dans les réseaux publics que privés, donc il y avait de moins en moins de journalistes. À un moment donné, je pense qu’il y avait un risque de se retrouver avec un désert médiatique… », admet M. Champagne.

La députée de Bonaventure, Catherine Blouin, indique que son gouvernement a entendu le signal d’alarme des médias.

« C’est très important de soutenir nos médias régionaux, puisqu’ils sont la principale source d’information pour nos citoyens. C’est comme ça qu’on peut s’informer. C’est bien beau de savoir ce qui se passe à Québec ou à Montréal, mais si on n’est pas au courant de ce qui se passe chez nous, ça n’irait pas bien. »

Les stations de télévision régionales détenues par Télé Inter-Rives produisent 22 heures d’information locale par semaine, ce qui en fait les plus importantes dans l’est de la province.

« Si ça disparaissait du jour au lendemain, ce serait une perte considérable pour les citoyens. On n’en est plus là maintenant avec ce geste du gouvernement du Québec », indique son directeur général, Pierre Harvey. « Une chose est sûre : l’information à la télévision, en particulier, est celle qui coûte le plus cher à produire, et c’est aussi le média qui se déplace le plus. Parmi tous les médias, au Québec comme ailleurs, si on compare aux journaux ou à la radio, la télévision demeure la plus exigeante en ressources », ajoute le dirigeant.

Pierre Harvey souhaite également que le gouvernement fédéral offre, à son tour, des crédits d’impôt non remboursables pour les salaires des journalistes des médias électroniques.