Auberge La Clé des Champs : le camp estival ne tient qu’à un fil
Publié le 23 avril 2026 à 17:57, modifié le 23 avril 2026 à 17:57
Par: Charles Boisvert
L’Auberge La Clé des Champs, à Saint-Cyprien, est toujours en vie, mais est plus fragile que jamais. Une audience déterminante sur son avenir se tenait devant la Cour supérieure aujourd’hui concernant une clause du bail liant le CISSS du Bas-Saint-Laurent à l’immeuble.
À la demande du CISSS, la cause est reportée au 5 juin. Ça ne fait pas l’affaire de l’Auberge qui souhaite toujours tenir son camp estival. Pour y parvenir, l’organisme à but non lucratif doit faire sa demande de subvention avant le 1er mai. Plus que jamais, il y a urgence d’agir.
Les yeux rivés à l’écran du salon de l’auberge, une vingtaine de personnes écoutent attentivement l’audience. Malgré le report de la cause, ils restent optimistes.
La nouvelle acquéreuse, Amélie Bélanger de la Maison du Lac Témiscouata, souhaite casser le bail-achat, qui stipule que le CISSS deviendra propriétaire de l’immeuble en 2033. Une décision de la juge en faveur de l’acheteuse serait synonyme de fin pour toutes les opérations de répit.
« En achetant, madame Bélanger a l’intention de faire une résidence pour aînés, donc nos activités, dont notre camp d’été, ce ne sera pas possible de le faire ici », explique Marie-Claude Mailloux, responsable des programmes à l’Auberge La Clé des Champs.
Urgence d’agir
Le temps presse pour sauver l’organisme, soutenu seulement par des subventions et des dons. L’Auberge survit, mais elle aura besoin d’un délai supplémentaire pour sa demande de financement au ministère de l’Éducation, d’une hauteur de 257 000 dollars. Marie-Claude Mailloux estime à 10 % les chances de maintenir le camp.
« J’ai encore un petit peu espoir. Je ne vous dis pas que c’est un espoir grand comme la Terre, mais oui, mon cœur est avec l’Auberge et j’y crois encore », affirme-t-elle.
Mais si le délai du ministère n’est pas accordé, ce sera la fin.
« Le ministère a toujours été très collaboratif et très compréhensif envers nous », indique-t-elle.
Rappelons que l’Auberge La Clé des Champs accueille des personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou physique de tout âge pour des séjours de répit.
Advenant le cas où l’Auberge ferme et ne tient pas son camp estival, près de cent familles seront privées de repos.
« Ça va être terrible. Ces gens-là ont seulement ce moment-là dans une année de repos », explique Marie-Claude Mailloux. « Faute de place, il n’y a pas de vacances. Les gens ne pourront pas relâcher la pression pour se reposer et revenir en force ».
Une potentielle fermeture représenterait aussi une perte d’une vingtaine d’emplois à temps plein, en plus d’une quinzaine de travailleurs saisonniers.
Meilleure santé financière
Par ailleurs, les états financiers 2024-2025, récemment présentés, indiquent que l’organisme serait viable.
« Ce que ça dit, c’est que l’Auberge est en train de devenir en santé financière, devient meilleure qu’elle était au niveau de la gestion », souligne Marie-Claude Mailloux.
L’Auberge espère que l’acheteuse repousse sa prise de possession de l’immeuble jusqu’à l’automne pour opérer tout l’été, mais de façon réaliste, Marie-Claude Mailloux sait que c’est peu probable étant donné l’ampleur des travaux à faire.