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Aide moins accessible pour les victimes de violence conjugale pendant la pandémie

Publié le 20 août 2020 à 16:27, modifié le 20 août 2020 à 16:27

Par: Antoine Pelland-Ratté

Un centre d’hébergement pour les victimes de violence conjugale de Tracadie déplore que l’accès à leurs services soit limité en raison de la pandémie de la COVID-19. Une situation dangereuse selon l’organisme, qui incite la population à utiliser son aide.

Il est plus difficile pour les victimes de violence conjugale d’avoir accès à de l’aide en temps de pandémie, selon la directrice du centre d’hébergement «L’Accueil Sainte-Famille, Nadia Losier».

«Nous, depuis le début, il y a beaucoup moins de femmes qui peuvent se retourner vers les services. On remarque qu’on a moins d’appels, moins d’achalandage parce que les femmes sont en isolement à la maison, souvent avec le conjoint sur place, explique-t-elle. Il y a beaucoup de gens qui ont commencé à travailler de la maison. Ça, c’est un autre facteur qui fait qu’elles ne sont jamais seules. Donc elles n’ont jamais la possibilité de nous appeler. […] Le degré de danger augmente. On est très inquiets.»

Elle estime que la peur de la COVID-19 a un rôle à jouer. «Elles ont peur de venir vers les services de un. Elles ont pas beaucoup accès de deux. Même les centres hospitaliers, on a beaucoup de références des centres hospitaliers. Les gens ont peur d’aller vers les hôpitaux avec tout ce qui se passe.»

La situation des victimes pourrait s’être dégradée dans les derniers mois, selon Nadia Losier.

«Parce qu’on sait que ça va avoir un «boom» quelque temps. Ils n’ont pas pu venir vers les services. La violence a sûrement augmenté à la maison. Le contrôle a sûrement augmenté étant donné qu’on ne pouvait pas aller nulle part. Ils vont essayer de les garder à la maison. […] Ce contrôle-là va rester.»

L’achalandage des cinq chambres à L’Accueil Sainte-Famille a diminué d’environ 25 pour cent depuis le mois de mars, selon elle. L’organisme invite fortement les victimes de violence conjugale à solliciter leur aide, malgré la pandémie.

«C’est sécuritaire. On a tous les équipements personnels nécessaires pour que la femme soit en sécurité et pour que les intervenants soient en sécurité, insiste-t-elle. Nous autres, on paye tout le temps pour les transports. On peut aider à couvrir les coûts avec les amis s’il y a lieu. On essaye de trouver les moyens.»

Un centre de six appartements pour les victimes de violence conjugale, appelé «Complexe de l’espoir», a été construit il y a un an à Tracadie. Il peut héberger les locataires de L’Accueil Sainte-Famille à plus long terme et à prix abordable. L’établissement offre aussi du soutien aux victimes.

«Quand elles sont ici, là on voit quel service elles ont besoin. On va l’inscrire pour les services sociaux avec une intervenante qui vient», explique la coordonnatrice du complexe, Jeanine McLaughlin.