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Agrotourisme : vers un assouplissement des règles

Publié le 12 mars 2026 à 16:30, modifié le 12 mars 2026 à 16:41

Par: Pierre-Marie Nicolas

Le gouvernement du Québec a annoncé cette semaine un assouplissement des règles encadrant l’agrotourisme. L’objectif est clair : permettre aux fermes d’accueillir davantage de visiteurs et de diversifier leurs sources de revenus.

Qu’est-ce que l’agrotourisme ?

Au-delà de la simple vente de produits, l’agrotourisme repose sur l’expérience et l’éducation. Comme l’explique Louis Bigaouette, copropriétaire du Verger agroécologique du Ruisseau à Saint-Siméon : « À la base, s’il n’y a pas d’entreprise agricole, il n’y a pas d’agrotourisme. Il faut qu’il y ait un volet d’interprétation et d’accueil. Si on fait juste de la vente à la ferme, on ne peut pas considérer ça comme de l’agrotourisme. »

Pour la Ferme Bourdages de Saint-Siméon, l’enjeu est de reconnecter le consommateur avec la terre. « Notre mission, c’est un peu de remettre le champ, l’agriculture et le produit en lien avec les gens », souligne Pierre Bourdages.

Jusqu’à présent, ce désir de rapprochement se heurtait à des contraintes administratives serrées. L’aménagement d’infrastructures , qu’il s’agisse de stationnements, d’aires de repos ou de zones d’animation est strictement encadré par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ).

Les nouvelles mesures visent principalement à offrir plus de marge de manœuvre aux producteurs qui souhaitent se diversifier. Notamment une plus grande souplesse pour les entreprises recevant des groupes importants, permettant d’augmenter le nombre de participants aux activités. La possibilité de regrouper plusieurs producteurs sur un même lieu de vente. Une stratégie gagnante pour dynamiser les circuits courts. Où encore permettre à des agriculteurs moins bien situés géographiquement de s’installer chez d’autres producteurs pour vendre leurs produits dans des kiosques.

Un optimisme prudent

Bien que l’annonce soit perçue comme un signe de « bon augure », les producteurs de la région, comme Pierre Bourdages, attendent de voir l’application concrète des règlements. « Est-ce que c’est tout ce qu’on demandait ? Je ne peux pas encore répondre. Nous sommes en mode analyse. »

Au-delà de l’aspect financier, cet assouplissement répond à une nécessité sociale : briser l’isolement des producteurs et transformer la ferme en un lieu d’échange et de fierté partagée.