4e journée du tourisme: la Baie-des-Chaleurs mise sur la triculture pour se démarquer
Publié le 8 avril 2026 à 11:39, modifié le 9 avril 2026 à 10:19
Par: Patrick Giguère
Comment faire en sorte que la Baie-des-Chaleurs dépasse le rôle de simple escale dans le tour de la Gaspésie? Une des pistes évoquées < l’occasion de la Journée du tourisme de la Baie-des-Chaleurs : miser sur la collaboration interculturelle pour offrir des expériences plus riches et authentiques.
Par ailleurs pour sa quatrième édition, l’événement change de formule et prend la forme d’un congrès, réunissant plusieurs acteurs du milieu touristique de la région.
L’objectif : mettre en commun les idées, unir les forces et permettre à la région d’en sortir gagnante.
Près d’une centaine d’intervenants du secteur touristique, de gestionnaires et d’élus ont pris part à cette journée placée sous le thème « Provoquer la rencontre », au parc national de Miguasha.
« On est ici pour discuter avec les acteurs de l’industrie touristique afin de se préparer à la prochaine saison, d’échanger lors de ces rencontres et de mettre en valeur le côté humain derrière les personnes et les attraits touristiques », mentionne le préfet de la MRC d’Avignon, Mathieu Lapointe.
Tout au long de la journée, divers conférences, panels, ateliers et activités de réseautage étaient au menu. Mais ce qui a retenu l’attention cette année, c’est l’importance de tisser des liens interculturels en tourisme entre les 24 municipalités de la Baie-des-Chaleurs et les communautés autochtones, francophone et anglophone.
« Je te dirais qu’on voit qu’il y a peut-être matière à en faire un peu plus : des barrières de langue et des barrières géographiques font que les collaborations ne sont peut-être pas aussi développées que dans d’autres régions du Québec. Oui, il y a du travail à faire, mais je vois de l’ouverture de part et d’autre. Je suis vraiment certain que ça va bien aller », se réjouit Pierre Kanapé, conseiller en développement et coordinateur de la transition durable chez Tourisme Autochtone Québec.
Le directeur du tourisme de Gesgapegiag insiste sur l’importance d’unir les forces en respectant la culture mi’gmaq.
« On coexiste déjà ici. Pourquoi ne pas travailler ensemble sur des projets qui sont parfois les mêmes, mais à l’extérieur de nos communautés? Pourquoi ne pas travailler ensemble pour aller plus loin? », lance Walter Jerome, qui n’est pas fermé à l’idée de conclure à un partenariat de piste de vélo avec le mont Saint-Joseph.
« Moi, ça fait dix ans que je suis à mon compte. Il n’y avait pas beaucoup d’intérêt au niveau du tourisme autochtone, d’aller vers les communautés, de les connaître. Aujourd’hui, ils sont ici, ils ont beaucoup parlé. Les gens étaient assis sur le bout de leur siège et ont envie d’apprendre. Il y a de super beaux échanges », note Caroline Houle, propriétaire de la firme Houle conseils.
Le projet de réaménagement touristique du vieux quai de Pointe-à-la-Croix avec la collaboration de Listuguj est un exemple concret.
« De travailler avec les communautés, il y a des avantages qu’on a, mais qu’on ne sait même pas qu’ils existent. Là, c’est d’emboîter tout ça comme un gros, beau casse-tête et de travailler ensemble », image Danny Nadeau du Groupe nautique Chaleur.
La journée va se conclure par un 4 à 6 réseautage.