Un immeuble insalubre préoccupe la municipalité de Baie-des-Hérons
Publié le 24 juillet 2026 à 17:23, modifié le 24 juillet 2026 à 17:26
Par: Pierre-Marie Nicolas
Un immeuble à logements de Baie-des-Hérons, endommagé par un incendie il y a deux mois, inquiète la municipalité. Les travaux nécessaires pour assurer la sécurité de l’édifice n’ont jamais été terminés. Le bâtiment reste habité par des locataires malgré la situation extrêmement précaire.
Au croisement des rues Renfrew et Adelaide, l’immeuble garde encore les marques de l’incendie. Judy Flocari y habite depuis onze ans. Depuis, elle vit dans un immeuble aux allures abandonnées, comme d’autres locataires. Le mois dernier, elle payait encore le loyer. Elle dit ne plus vouloir verser un sou au propriétaire, qui redirigerait cet argent ailleurs plutôt que vers les réparations.
Le propriétaire vit dans la maison collée au bâtiment. Il n’a pas souhaité apparaître à la caméra. Il a toutefois confirmé que l’édifice n’était pas assuré au moment de l’incendie. Selon lui, tous les locataires vont partir dans les prochaines semaines.
En attendant, Judy Flocari doit prendre tous les risques pour sortir de chez elle. Elle raconte que le propriétaire ne fait pas grand-chose pour l’escalier improvisé, et que c’est un ami qui a dû l’installer pour qu’elle puisse sortir ses affaires en déménageant.
Du côté de la municipalité, la situation inquiète autant les élus que les résidents.
« On reçoit beaucoup d’appels. C’est plutôt concernant le bien-être des gens qui sont là. Ça n’a pas l’air sécuritaire. Je sais que c’est inesthétique, mais quand même c’est des gens qui habitent là dans des conditions qui ne sont pas sanitaires. », déplore Gail Fearon, mairesse de la municipalité de Baie-des-Hérons.
La municipalité rapporte des problèmes de consommation de drogues sur les lieux. Le bâtiment serait transformé en lieu d’itinérance. Depuis quelque temps, les locataires n’ont ni eau ni électricité.
Mais Judy Flocari, elle, ne verra pas la suite : elle a trouvé un nouvel appartement et s’apprête à déménager de l’autre coté de la rue.
Cette situation illustre un phénomène qui n’est pas nouveau : l’accès à des logements abordables. La mairesse Gail Fearon parle d’un manque criant de logements abordables dans la région, particulièrement à Baie-des-Hérons, laissant plusieurs personnes sans endroit où aller. Selon elle, la municipalité se limite à une surveillance minimale des lieux, faute de pouvoir réel pour reloger les gens ou assurer un suivi. Un rôle qui reviendrait plutôt aux ministères concernés.
Le bâtiment reste habité. Pour l’instant, personne ne semble en mesure de forcer les réparations.