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Maquereau en hausse, pélagiques toujours à quai

Publié le 9 juillet 2026 à 16:31, modifié le 9 juillet 2026 à 16:51

Par: Pierre-Marie Nicolas

Pêches et Océans a annoncé une hausse des quotas de maquereau et de hareng dans le sud du golfe. Une bonne nouvelle pour les pêcheurs de homard et de crabe, qui économisent sur leurs appâts. Mais les pêcheurs pélagiques de la Gaspésie, eux, doivent rester à quai.

Ça fait cinq ans que la quinzaine de professionnels du Regroupement des pêcheurs pélagiques de la région reste à quai. Les impacts sur la profession se mesurent en départs.

Ghislain Collin, président du regroupement, parle de découragement et de pertes d’emploi dans une région déjà dévalorisée.

« Découragement, perte d’emploi dans une région qui est très dévalorisée de la Gaspésie. On ne peut pas se permettre de perte d’emploi. C’est encore des hommes de pont, du monde de la mer qui s’en prennent pour aller travailler en ville, travailler partout pour gagner leur vie. Face à la faillite. Les frais sur les quais continuent toujours. »

Selon le MPO, le stock de maquereau a pourtant grimpé de moitié en un an, mais il reste dans la zone critique.

Le ministère autorise 1500 tonnes cette année. De ce total, 1480 iront pour les appâts, et le reste pour l’échantillonnage scientifique. Collin juge cette part scientifique nettement insuffisante : selon lui, la science a besoin des pêcheurs sur l’eau pour bien protéger une ressource encore fragile, et 20 tonnes ne permet même pas de rentabiliser une sortie en mer pour les y aider.

Le regroupement affirme ne pas contester la nécessité de protéger la ressource. Ce qui l’inquiète, dit Collin, c’est plutôt ce qui se passe une fois le poisson sorti du golfe.

« Nous croyons que le même poisson d’ici se retrouve aux États-Unis. (…) Donc nous nous protégeons, nous faisons grandir. Nous faisons revenir la biomasse, mais d’un autre côté, les Américains pêchent peut-être à outrance. »

Le MPO, contacté par courriel mercredi, n’a pas répondu à nos questions à ce sujet.

Collin voit tout de même, dans la hausse du quota, une lueur d’espoir — et un signe que le fédéral commence à entendre ses revendications. Il croit que la pêche commerciale pourrait rouvrir dès l’an prochain, même si le regroupement reste immobilisé pour l’instant.

Un autre dossier talonne par ailleurs le ministère. En mars, le comité permanent des pêches recommandait au fédéral de présenter des excuses aux pêcheurs pélagiques pour l’attribution des permis d’exploration au homard. Sa réponse est attendue en juillet.